Liège : boulangerie chez Dominique Arnold de Sainte-Walburge, janvier 2010
par Delphine Fedoroff
(pointeur vers le haut pour revenir à la page)
Les mots circulent, sont lâchés, expulsés. On entend « exclusion », « intégration », « discrimination positive », « formation à la citoyenneté », « marginalité », « précarité »… Mais de qui parle-t-on ? On nous répond : d’un public à risques, de jeunes en difficulté ou en décrochage, de parents qui démissionnent. Et qui tient ces discours ? On regarde et on voit : un ministre, un journaliste, un assistant social, un avocat, un sociologue… Mais quels mots utilisent-ils, ceux dont on parle, pour se nommer eux ou pour nommer les situations que tous ces mots évoquent ? Silence dans la salle.
David VERCAUTEREN, Micropolitiques des groupes. Pour une écologie des pratiques collectives, HB, 2007, P. 189
1er septembre 2009
Bruxelles nous appartient (BNA-BBOT) souhaite collecter et relayer l’opinion des sans-abris sur une manifestation qui les concerne directement : « Les sans-abris descendent dans la rue pour exiger (...)
6 juillet 2009
Le réalisateur David Lynch propose depuis quelques semaines sur un site internet dédié un ensemble de portraits courts d’Américains rencontrés le long d’un périple de plus de 30.000 kilomètres sur les (...)
5 octobre 2008
Avez-vous un jour croisé la vie d’un(e) inconnu(e) ? Eric Smeesters réalise un documentaire qui s’intitule Anonymes. ce film est un mélange d’histoires récoltées de deux manières différentes : des (...)
Rubrique GE n°03 - Le prof de morale Jacques Duez
Le 30 avril 2010
par Emmanuel Massart
Si tu es honnête avec toi-même : on n’arrête pas de mentir. On n’arrête pas de dire le vrai tel qu’on se le représente. On essaie toujours de trouver des raisons,… On trouve de bonnes raisons ! On ne veut pas mentir à l’autre parce qu’on ne veut pas lui faire de la peine. Enfin, tout ça est toujours bien intentionné, en général. J’ai fait avec les enfants un travail sur le mensonge. C’est nécessaire de mentir. Tous les enfants disent : « Oui, pour sauver sa peau. » « Donc, on ment par nécessité. » « Il y a des moments où on doit mentir sans quoi on reçoit des douilles, on est puni. »
Rubrique GE n°03 - Le prof de morale Jacques Duez
Le 30 avril 2010
par Emmanuel Massart
Un des projets que j’ai aujourd’hui serait de remontrer un document ou deux avec certains anciens élèves comme Bertrand et de le filmer pendant qu’il regarde pour recueillir ses commentaires. Naturellement, il y a toujours énormément de plaisir et parfois un peu de gêne de ce qu’il a pu raconter, surtout à propos de ses amours. Il trouvait que le mariage était une hypocrisie. Il disait : « Allez, viens pas me dire que tu vois une belle fille, que tu n’as pas envie ! Et raconte pas d’histoire. » Il revoit ces images ado, avec sa copine… « Moi si je vois une fille bonne alors que ma copine est là, je la quitte et je m’en vais avec l’autre. »
Rubrique GE n°03 - Le prof de morale Jacques Duez
Le 17 avril 2010
par Emmanuel Massart
Un gosse a dit, un jour : « Mais, au fond, avec toi, on n’a rien appris, Jacques. Allez, qu’est-ce qu’on a appris ? » N’importe quel instituteur dirait : « Catastrophe ! Et il dit ça devant tout le monde ! » Mais oui, moi, je suis content de ne t’avoir rien appris. Parce que tu crois que tu n’a rien appris, c’est vrai. Mais tu as peut-être appris à réfléchir sur ce que tu savais. Parce que tout le monde a des savoirs, mais tout le monde n’interroge pas ses savoirs. Au fond, j’ai tenté de faire ça.
Rubrique GE n°03 - Le prof de morale Jacques Duez
Le 17 avril 2010
par Emmanuel Massart
Il y avait Sandro également, ce fameux Sandro qui ne croyait absolument rien de ce que disait Bury. Il le regardait, l’air de dire : « Tu as menti ! » Il reposait des questions pour savoir si réellement… « Et les ouvriers, là, pourquoi est-ce qu’ils ne signent pas parce qu’après tout, c’est les ouvriers qui font toutes tes sculptures, pourquoi ils ne signent pas ? »
Rubrique GE n°03 - Le prof de morale Jacques Duez
Le 2 avril 2010
par Emmanuel Massart
La littérature en pédagogie, ce sont des gens qui parlent à la place des enfants ou à propos des enfants. Mais ce ne sont pas les propos d’enfants. La majorité, enfin le discours majoritaire, c’est le discours d’un savoir. Souvent, on ne leur demande pas leur avis. C’est comme si un enfant n’a pas droit à une parole et à pouvoir dire le monde tel qu’il se le représente.
Rubrique GE n°03 - Le prof de morale Jacques Duez
Le 2 avril 2010
par Emmanuel Massart
C’est ce que j’aime avec les télévisions de proximité. Quand ça passe à la RTBF, ça prend des dimensions, ça m’emmerde… A la RTBF, pour des tas de raisons, ça doit passer avec un réalisateur, et on va tout réorganiser, on va tout… Tu comprends, on va faire un document, un beau gros document de cinquante minutes. Moi, je préfère les petits trucs de rien du tout, de douze-treize minutes bruts, enfin, un peu nettoyés, et hop, les gens en font ce qu’il veulent. Moi j’aime bien le document de travail.
Rubrique GE n°03 - Le prof de morale Jacques Duez
Le 22 mars 2010
par Emmanuel Massart
C’est vrai qu’il y a des questions de savoir. Mais je pense qu’un gosse qui ne sait rien, il peut très bien, on peut très bien parler d’écologie avec lui. Parce qu’il a une expérience de la vie. Il sait ce qu’est une mouche. Donc, il a une expérience du vivant !
Rubrique GE n°03 - Le prof de morale Jacques Duez
Le 22 mars 2010
par Emmanuel Massart
Il a la même capacité que toi, enfin que moi, de pouvoir dire le vrai tel qu’il se le représente, mais naturellement avec son bagage. Il n’a peut-être pas la même capacité que moi de dire des savoirs mais ça, c’est autre chose.
Rubrique GE n°03 - Le prof de morale Jacques Duez
Le 10 mars 2010
par Emmanuel Massart
Très sincèrement je ne suis pas monteur… Imaginons : on travaille en classe cinquante minutes. Tout dépend si les enfants sont en forme mais disons que sur ces cinquante minutes, il y a dix minutes/un quart d’heure où vraiment tu es dans le noyau. Tout le reste, ce sont des incidents : « Reste tranquille s’il te plait ! » « Ecoute un petit peu ! » La classe est un lieu de débat mais avec toutes les dérives. Parfois, tu avais dix-quinze mômes ! Le montage permet de se rendre compte, de reconstituer l’essentiel, le noyau.
Rubrique GE n°03 - Le prof de morale Jacques Duez
Le 10 mars 2010
par Emmanuel Massart
Il y a des documents où les gosses disent : « Il faudrait montrer à nos parents un petit peu du cours de morale. On ne dit quand même pas que des conneries. » Alors, j’invite des parents… Et Jean reconnaît que son fils est plus intelligent que lui… A présent, il va l’autoriser à avoir accès à certaines choses dans la maison, qui jusqu’alors ne l’étaient pas : « Touche pas, attends de grandir. »