Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP
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Ce qui a de différent dans le fait de filmer tout seul, c’est que vous commencez à parler avec quelqu’un. On se parle, on échange, on se regarde. On est dans l’échange, on est dans la conversation. Et puis, je mets la caméra. Il y a quelqu’un qui vient entre nous. Et ce quelqu’un, c’est le spectateur. Ca s’adresse à quelqu’un d’autre.
Denis GHEERBRANT, A propos de La république de Marseille, entretien réalisé par Radio Grenouille le 11 juin 2009
Rubrique Un photographe dans les rues - Michel Loriaux
Le 6 février 2012
par Des Images
Dans les rues, au détour de quelques cafés, aux Mézelles ou à la mosquée, Hodimont est un quartier qui raconte mille choses pour qui sait prendre le temps. Une manière d’occuper l’espace, de faire société. Au travers des photographies de Michel, un quartier se raconte.
Rubrique Des mains de Hodimont
Le 7 décembre 2011
par Anne
Mes mains servent à aider ma femme dans les tâches ménagères, la vaisselle, nettoyer. Et bien sûr, elles servent aux caresses, je n’envisage pas de faire l’amour avec ma femme sans mes mains… Avant de nous endormir, nous mettons la petite lampe et ça fait un reflet au plafond. Nous faisons alors des ombres chinoises avec les doigts. On fait des petites formes, des animaux, des petites choses qui ne ressemblent à rien. On s’entrelace les mains.
Rubrique Des mains de Hodimont
Le 7 décembre 2011
par Anne
Je suis arrivé en Belgique à 26 ans pour travailler dans le charbonnage. Je n’y ai travaillé que 11 mois. Et puis j’ai trouvé un travail comme couturier à Verviers. J’ai les mains d’une demoiselle. J’ai toujours travaillé comme tailleur, de mes 18 ans jusqu’à mes 65 ans.
Rubrique Des mains de Hodimont
Le 7 décembre 2011
par Anne
Mes mains racontent une longue vie, visibles dans les lignes. Je leur dis tous les jours merci. Elles me permettent de travailler, de toucher, de parler, de m’exprimer. Dans mon travail avec les enfants en maternelle, mes mains sont essentielles : elles me permettent d’être en contact avec les petits, leur donner la main, les rassurer, les consoler, les aider à avoir plus confiance en eux et leur permettre aussi d’avoir confiance en moi…
Rubrique Des portraits de Hodimont
Le 18 novembre 2011
par Anne
Pamela me conduit vers sa mère qui me parle longuement de ses enfants, de son travail comme aide-ménagère, de son bénévolat à la Croix-Rouge, de son intégration dans le quartier. Elle me pose des questions sur le Cap et sur le Club des Filles (école de devoirs située dans le quartier, n.d.l.r.) pour voir dans quelle mesure Pamela ne pourrait pas s’y intégrer.
Rubrique Des portraits de Hodimont
Le 13 novembre 2011
par Anne
Mais une petite fille me voit, accourt vers moi et me demande de la prendre en photo de près. Je lui explique qu’il me faudrait l’accord de ses parents. Ni une ni deux, elle m’emmène vers sa grand-mère assise sur une chaise sur le seuil de sa maison, un peu plus loin dans la rue. Un bébé dans les bras. Elle m’explique qu’elle traduira pour sa grand-mère, roumaine, parlant mal le français. J’explique le projet à la grand-mère qui accepte l’idée des photos.
Rubrique Des portraits de Hodimont
Le 12 novembre 2011
par Anne
Vendredi 18 février, 9h30 devant l’Eglise Saint –Antoine, appareil photo sous le bras, dictaphone dans le sac, j’attends Jean-Pierre Loop, facteur dans le quartier, pour l’accompagner dans sa tournée quotidienne. Il arrive de la poste, où il vient de passer 3 heures à trier le courrier, souriant comme à son habitude, tirant son caddie monté de 2 grosses sacoches pleine à ras bord.
Rubrique Des portraits de Hodimont
Le 11 novembre 2011
par Anne
Rue des Messieurs je rencontre 4 jeunes filles qui sortent du Cefa. (école secondaire alternant cours et travail en entreprise, n.d.l.r.) Je reconnais Laura, qui vit depuis toujours dans les bâtiments de Logivesdre, rue du Moulin. J’explique en quelques mots le projet HVO : elles sont preneuses et acceptent un cliché. Laura veut bien poser avec ses copines … Elles me refilent leur numéro de gsm pour que je les prévienne quand l’expo aura lieu… Elles filent à l’autre bout de la ville (Sainte-Claire) pour leurs cours de l’après-midi…
Rubrique Des portraits de Hodimont
Le 10 novembre 2011
par Anne
Au coin de la rue du Bosquet et de la rue Fyon, j’aperçois ,en contre-bas, un homme, cheveux blanc et long manteau anthracite. Il discute avec deux enfants en vélo et puis continue sa route. Il descend, doucement. Je le rejoins. Et je lui adresse la parole. Je lui explique en quelques mots le projet, lui parle des portraits. Il n’est pas contre un cliché mais ajoute qu’il vit au dessus du quartier de Hodimont dans le quartier Paradis. Mais qu’importe les frontières sectorielles, il traverse tous les jours le quartier et a des tas de choses à raconter.
Rubrique Arpenter Hodimont - Pierre-Nicolas et Manu
Le 8 novembre 2011
par Emmanuel Massart
Finalement, nous tombons sur Laurence, en plein nettoyage. Elle nous fait entrer et de sa terrasse à l’arrière, nous tombons nez à nez avec des couloirs de toitures d’usine, en contrebas. Hodimont perce derrière ces toitures : nous repérons certains clochers, percevons l’autoroute, entendons la ville. C’est à la fois une vue assez belle à l’horizon et la proximité d’un dépotoir plus bas. Des gens ont balancé un peu de tout, brisant des tuiles par endroits. L’usine fige quelque chose du passé, corsetée de l’autre côté par le bâtiment des finances, rue de Dison. « On pourrait faire des logements avec tout ça », lâche Laurence, dépitée.