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Jean-Noël Lansival Un film qui se fait sur un tel sujet doit recevoir l’avis d’un comité de censure juif. Je me demande quel est leur point de vue sur ce film-là. Quel est l’avis de ceux qui ont été témoins de cette réalité ?

Beaucoup de gens dans la communauté juive, y compris des intellectuels juifs, ont défendu le film de Spielberg. Je me souviens d’un débat chez Bernard Pivot (présentateur de plusieurs émissions littéraires sur le service public français dont « Apostrophes » n.d.l.r.) où tout le plateau présent justifiait ce film en disant que par les temps de révisionnisme qui courent, il vaut mieux en passer par-là pour que les jeunes sachent. C’est, il me semble, tomber bien bas puisque clairement ce film montre l’inverse de la réalité. Pour une raison d’efficacité, on vous montre le contraire de la spécificité des camps. Je ne veux pas faire de compromission, je veux encore faire confiance à l’intelligence.

Jack Lang est tout de même quelqu’un de sérieux, il a dû se poser quelques questions avant de programmer ce film à l’Education Nationale. Ou accoutumance, tout roule mécaniquement. Le prologue du Spielberg est en couleur. Et tout le reste est en noir et blanc, un noir et blanc léché.

Philippe Marcewski Il y a la petite fille en rouge. On la voit une première fois dans le ghetto. On revoit ensuite plus loin son cadavre, 3 fois je pense. Dans la masse des choses que l’on voit, dans l’ensemble des victimes, cela nous permet de passer du meurtre de masse au meurtre individuel.

Olivier Saussus C’est aussi une figure du destin dans le film. Nous voyons le héros regarder la ville et il aperçoit la jeune fille en rouge. Nous la suivons jusqu’à ce qu’elle se cache. Plus tard, nous la retrouvons prise avec les autres.

Emmanuel Massart Il y a un côté « parc d’attractions », un moment m’a marqué où la caméra la suit courant dans la rue jusqu’à ce que le plan se fixe et qu’elle sorte du cadre. Cela se passe alors que nous sommes devant une maison où des gens vont être fusillés. Nous allons de stand en stand grâce à la jeune fille.

Frédéric Lorent J’ai été écœuré par la scène de la douche mais je me suis demandé si ce qui rendait le film acceptable aux yeux de beaucoup, de commissions de censure notamment, c’est l’obsession du happy end. A l’échelle du film mais aussi à l’échelle de chaque plan. Et jusqu’à la scène de la douche. Le film n’existera pas sans happy end.

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