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Accueil du site / Geste cinématographique / Qu’est-ce que le cinéma ? / Séminaire V / cinémas de rupture / 04 - Petite histoire du documentaire - A partir de 1945 : plonger dans le réel

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La deuxième période commence en 1945 en Europe et 60 aux Etats-Unis. L’époque a reçu le nom de moderne. Premier grand moment documentaire où celui-ci va faire irruption dans la fiction. Les grandes fictions de cette époque ont toutes à voir avec une matière documentaire. Il y a une perte de croyance dans le récit cinématographique tel qu’il était pensé jusqu’alors. C’est-à-dire pour faire vite, le modèle hollywoodien qui a imprimé pour le reste de la planète la manière de raconter une histoire.

Hollywood, c’est-à-dire évacuer toute trace du processus filmique. Effacer ce qui permettrait de voir que c’est un film. Une sorte de transparence qui viserait notamment au bon raccord, celui qui ne se voit pas. Une vision centripète du cinéma où tous les éléments convergent vers une idée principale préalable au tournage : l’histoire à raconter. Filmer, c’est illustrer cette histoire. Le film dissémine des indices pour le spectateur qui vont au fur et à mesure éclairer le sens final du film, son dénouement.

Après la seconde guerre mondiale, c’est-à-dire dans sa dimension la plus tragique, les camps et la bombe, Auschwitz et Hiroshima, s’est posée la question du monde réel. Ces cinéastes ont voulu raconter les mêmes histoires qu’auparavant, histoires de couple par exemple. Mais il fallait mettre ces histoires à l’épreuve du monde réel. Les scénarios écrits à cette époque ne jouaient pas tout d’avance. Le néo-réalisme italien commence là.

Ce mouvement retrouvait la rue comme lieu de tournage, remettait à l’image ceux qui avaient été exclus par le fascisme. Un cinéma sans star. Le critique André Bazin écrit à l’époque du Voleur de bicyclette de Vittorio De Sica (en 1946 NDLR) : pas d’acteur, pas de musique, pas de décor, pas d’histoire, que du cinéma ! Quand on voit le film, on se rend que Bazin a anticipé le cinéma à venir. Car le film est bel et bien fait avec personnages, histoire classique, musique mais tout cela est plongé dans le vrai Rome de l’époque.

Derrière ce mouvement du néo-réalisme, il y a par contre Roberto Rossellini qui va être plus radical. Il va filmer sa propre femme, Ingrid Bergman, plongeant l’histoire qu’elle porte, le scénario, dans le monde réel. Cette fois entre les deux, les frontières sont étanches.

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