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Accueil du site / Geste cinématographique / Qu’est-ce que le cinéma ? / Séminaire V / cinémas de rupture / 06 - Petite histoire du documentaire - Des années 60 aux années 80

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Deuxième moment de rupture, les années 60 avec l’apparition des appareillages légers : des caméras plus légères que l’on peut porter à l’épaule. Des pellicules plus sensibles qui nécessitent moins d’éclairage au moment du tournage. La possibilité d’enregistrer image et son conjointement. Cela donne ce qu’on a appelé le cinéma direct. Nous avons vu des exemples de cela avec les groupes Medevdkine. Le cinéma militant date de cette époque (Voir Séminaire II NDLR).

Les années 80 arrivent et le faux triomphe du documentaire qui va bouleverser le statut du cinéaste documentaire. C’est le début des créneaux massifs réservés aux documentaires sur les chaînes de télévision qui se multiplient. Se créent aussi les premières revues qui ne parlent que de documentaire. Se créent également les premiers festivals de cinéma documentaire : Lussas, Marseille. « Les films d’ici » sont lancés : c’est la grosse société française de production de documentaires. Tous ces gens viennent d’un groupe de réflexion qui s’appelle : « La bande à Lumière » créée fin 70 début 80 qui a essayé de penser tout cela.

C’est aussi le moment où on commence à parler de « documentaire de création » qui donne un allant culturel au documentaire et le sort de l’illustration ou du reportage. Il fallait dire qu’un cinéaste documentaire est aussi un auteur. Ceux qui se revendiquent de cette notion d’auteur ont un passé de cinéaste militant et donc chargé de visions collectives. Ils viennent d’un cinéma du « nous » et demandent à présent à être reconnu en « je ». Ironie de l’histoire. Les films documentaires débarquent en tout cas dans les salles : Nicolas Philibert, Denis Gheerbrant, Jean-Louis Comolli et d’autres pour la France.

Pourquoi durant 10 ans, les fameuses années 80, le documentaire bénéficie-t-il d’un tel engouement ? Il faut voir l’état global de l’offre cinématographique. Elle cesse d’être autonome puisque la télévision va intervenir de plus en plus dans le financement des films. Le cinéma fait partie à ce moment de l’industrie audio-visuelle dont elle n’est qu’une branche. Cela mène à la prise en main du cinéma par l’industrie qui fabrique de plus en plus des produits formatés. Il y a de moins en moins de libertés, même dans la fiction d’auteur.

Il suffit de suivre le parcours des cinéastes français qui ont débuté à l’époque de la Nouvelle Vague fin des années 50, début des années 60 et de voir où ils en sont au milieu des années 80 : dans le documentaire. Agnès Varda par exemple. Robert Kramer. Jean-Luc Godard. Alain Cavalier. Plus jeune, Abbas Kiarostami.

Il y a une exaspération des commissions de films où il faut retravailler sans cesse le scénario selon les standards du marché. Ils vont vers le documentaire pour avoir la liberté de parole. Tout cela est possible parce qu’il y a un outil. C’est la DV. Cela permet de se libérer d’une équipe. Donc d’avoir des coûts réduits.

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