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Accueil du site / Geste cinématographique / Qu’est-ce que le cinéma ? / Séminaire V / cinémas de rupture / 09 - « Georges de la Tour » par Alain Cavalier

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Alain Cavalier est un cinéaste connu de l’histoire du cinéma. Il est contemporain de la Nouvelle Vague quand il commence ses films. Il vient d’un cinéma d’auteur plutôt industriel. Il avance vers la légèreté au point de filmer à présent tout seul. Il s’agit dans l’extrait montré ici d’un film de commande sur le peintre Georges de la Tour. C’est une branche importante du documentaire, les films sur l’art.

Il s’agit d’une commande d’un grand musée de Paris qui présentait une exposition du peintre. Plutôt que de faire un catalogue d’exposition comme il est de coutume, ils vont faire une cassette vidéo, un film. Ce sera l’œuvre de Cavalier la plus vue du public. D’autant plus que ce film a été vendu avec un exemplaire de Télérama tiré à 300.000 exemplaires. C’est Cavalier lui-même qui avait fait cette suggestion d’un catalogue en vidéo aux responsables du musée. On sort des structures classiques de financement. Comme chez Pazienza, il est acteur de son film, présent au-dedans.

EXTRAIT [Georges de la Tour par Alain Cavalier (1998) - Début du film]

C’est de nouveau quelque chose d’assez didactique. Ce qui me frappe ici c’est la mise en relation permanente entre un sujet et la manière de le traiter. Dès l’entame du film, on part d’un tableau de de la Tour et on aboutit à un moniteur de télévision qui passe un extrait d’un film du cinéaste. On relie le sujet à soi ou plus précisément l’expérience que l’on a soi du sujet traité. Il le dit : « je filme pour des raisons personnelles ».

Ce film est une autobiographie détournée, déguisée. C’est le portrait d’Alain Cavalier en Georges de la Tour. Il nous parle par exemple du dépouillement, du fond des tableaux chez le peintre : c’est une leçon qu’il a gardée dans ses films. Le film apprend beaucoup de choses, des mots de vocabulaire par exemple mais également au-delà, traite de l’usage qui est fait de ce savoir par un homme, son expérience.

Il y a de nouveau des caractéristiques du film d’essai. Par exemple, ne jamais cacher que l’on est dans la subjectivité. Ne jamais cacher que l’on est dans un film en train de se faire. Il nous dit par exemple qu’il y a un problème pour lui car les cadres des tableaux sont verticaux et qu’au cinéma, le cadre est horizontal. Il filme cela. Il parle également à son opérateur, révélant le processus. Réfléchir sur le sujet, c’est renvoyer aux questions du cinéma lui-même.

L’adresse directe au spectateur apparaît dans l’essai notamment chez Chris Marker dès Lettre de Sibérie. La première chose que l’on entend dans le film est le cinéaste qui dit : « Je vous écris d’un pays lointain ». « Toi, spectateur, qui me regardes, il faudra que tu t’habitues à... » dit Cavalier de son côté. C’est une manière de créer un espace commun au-delà du film lui-même. Car le cinéaste intègre dans l’œuvre celui qui n’y est pas encore, c’est-à-dire nous. C’est tout de même différent du cinéma didactique au sens strict.

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