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Accueil du site / Geste cinématographique / Cinéma et travail / Femmes-machines (4) - « Mémoire » par l’historienne Marie-Thérèse Coenen

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C’est très important que les femmes parlent. Si elles ont été actrices à un moment donné de l’histoire, il faut qu’elles le disent et le redisent.

Je suis enseignante et je donne cours à des adultes. début 1990, j’ai parlé à mes étudiants de la grève de la FN comme quelque chose d’acquis, de connu sur lequel il fallait insister mais sans devoir en déveloper les détails. Les étudiants ne savaient même pas de quoi il s’agissait !

Ainsi, il n’y avait même pas trente ans écoulés, pas même une génération et déjà, on ne savait plus trop ! C’était une des raisons pour lesquelles je trouve important que les actrices parlent et disent comment elles ont vécu cette histoire.

On a beaucoup sollicité leur mémoire pour la télé, la presse et les interviews, elles ont dès lors forgé un récit et c’est une belle histoire. Elles aiment bien raconter cette belle histoire, avec beaucoup d’émotion et de manière très chaleureuse. On sent que c’est quelque chose d’important pour elles. Et puis, ça leur permet de s’éloigner un peu de la réalité quotidienne, il n’y a plus ce regard critique sur ce qui s’est passé, sur les problèmes que ça a posé, les difficultés, les tensions... parce que cela a bien dû exister. Il est vrai que la mémoire et l’histoire sont complémentaires mais elles ne se substituent pas.

Au niveau des archives, c’est assez étonnant : une grève aussi importante, qui a mobilisé tellement de femmes, qui a eu tant de répercussions, a finalement laissé très peu de traces en terme d’archives et de papiers. C’est un peu général pour tout ce qui est du mouvement syndical. Ainsi, je crois que plus ces femmes témoigneront, plus clair on y verra sur leur façon de réagir et mieux on pourra, à mon avis, les aider à prendre leur place dans la société. Et donc, moi je suis pour que les femmes parlent... et beaucoup

Marie-Thérèse Coenen - Historienne Interview août 1995

Publié dans « Femmes-Machines », sous la coordination de Catherine Libert, s. d., Yellow Now

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