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Accueil du site / Geste cinématographique / Qu’est-ce que le cinéma ? / Séminaire I / Avoir 20 ans aujourd’hui / 03 - Ceci est un séminaire pour réfléchir le monde

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Autre petit préalable qui est capital et fera peut-être fuir la moitié d’entre-vous. Ceci n’est pas un séminaire sur le cinéma. Plutôt séminaire avec le cinéma. Séminaire pour penser la question du cinéma, tenter de le définir. Mais pas séminaire de culture cinématographique.

Autrement dit, pas de cinéphilie. Dans mon itinéraire, il y a eu à une époque un basculement. J’ai commencé comme tout le monde par la cinéphilie. C’est la voie majoritaire.

Une voie minoritaire existe qui tente de faire du cinéma un mode de pensée, comme philosophie. Pas comme objet culturel. Etre cinéphile, c’est ce que j’ai fait jusqu’en 1995 : de la critique de cinéma dans des journaux, à la radio et un peu à la télévision. J’ai présenté tout ce que je trouvais beau dans le cinéma belge. De l’édition avec Guy Jungblut chez Yellow Now. Des livres d’histoire du cinéma ou d’analyse de films.

A un moment donné, je me suis dit que ce n’était peut-être pas assez. Peu de gens se font cette réflexion. Ce basculement, ce serait penser le monde à travers ses images, le cinéma dans son rapport au monde. Penser le monde et les images, ce n’est pas penser les films selon leur contenu.

C’est une autre finalité : un geste artistique. Ce geste artistique ne se focalise pas sur l’œuvre. Quand on est cinéphile et qu’on écrit sur le cinéma, il y a des mots qui reviennent tout le temps comme une obsession : plan, films, œuvre. Les grand maîtres qui font les œuvres. Les auteurs.

Jusqu’en 1995, je connaissais la biographie, la filmographie de tous les gens qui m’intéressaient dans le cinéma. Eh bien, c’est triste. C’est une pratique finalement d’une extrême solitude, d’une extrême pauvreté presque.

Il n’y a rien de plus triste qu’un cinéphile. Le cinéphile passe son temps à faire des listes. Ils ne vont pas au mariage de leur cousine parce que justement, ce soir-là, il y a un Mizoguchi qui passe à la Cinémathèque. Et que c’est leur seule chance de le voir avant 10 ans. Il y a quelque chose de fétichiste, une petite misère je trouve.

Qu’est-ce qui s’est passé en 1995 pour me détourner de cela, moi qui en vivais plutôt bien. Etre critique et cinéphile, puis enseignant puisque j’ai commencé à l’INSAS en 1991. Ce que j’y voyais aussi, c’était l’occasion de gagner sa vie en ne foutant rien.

Aller au cinéma, c’est quand même plutôt facile. Voilà, on écrit, on gagne des sous. Je me disais : « je vais travailler, je ferai rien ». Je vivrai de ce que j’aime et finalement, je me suis un petit peu planté. Je suis sorti à présent de la cinéphilie. J’aime autant travailler mais je gagne moins.

C’est un autre rapport au monde et aux choses que je voudrais vous expliquer.

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