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Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Images sauvages n°6 / Filmer la ville - Les Vues Liégeoises et Denis Gheerbrant

Dernière minute : Nous sommes malheureusement obligés de vous annoncer que pour des raisons personnelles, Denis Gheerbrant ne pourra être des nôtres ce dimanche 7 octobre à Liège. Nous ne prendrons donc pas l’après-midi pour visionner le projet des Vues Liégeoises. Nous vous invitons par contre toujours bel et bien le soir pour vous proposer la projection de Et la vie comme notre programme le prévoit.

Penser des films, les faire à l’intuition pour enfin en partager le résultat avec enthousiasme et questions en compagnie des spectateurs. Le projet des Vues Liégeoises, lancé en 2004, a le désir de concrétiser un projet collectif, exemple parmi d’autres de pratique égalitaire de la caméra où le spectateur deviendrait acteur de la ville, signifiant par là qu’il est tout autant acteur de sa propre vie. Un homme et une caméra au milieu du hasard des lieux et des regards. Une utopie concrète.

Alors que notre réflexion sur Liège se poursuit, notre désir de quitter le centre - commercial - de la ville pour investir de nouveaux quartiers oblige à nous remettre en question : saisir de nouveaux territoires, rencontrer un public pour qui le cinéma ne présente pas forcément les mêmes enjeux que pour nous, ne serait-ce que lorsque nous présentons notre démarche...

Il est l’heure d’y voir un peu plus clair, de projeter le catalogue actuel - une partie du moins de la nonantaine de vues à ce jour - en votre compagnie, habitants des villes ou des champs, et d’inviter à la discussion Denis Gheerbrant, cinéaste qui a derrière lui plus de vingt ans de pratique documentaire, une écriture certaine de la rencontre, et le bonheur de ce qui est toujours à venir

Ambitieux programme de l’après-midi qui nous mènera après le repas - la cantine experte de l’Aquilone sera passée par là - à laisser l’initiative à Gheerbrant lui-même qui nous montrera notamment « Et la vie », film d’après les industries, proposition de cinéma, qui sera accompagné par quelques autres images tournées par le réalisateur.

Au plaisir de vous y voir !

Emmanuel Massart

Programme

 15h Les Vues Liégeoises (Belgique - En cours - 80 min.) - ANNULE

Sans doute y a-t-il loin de là à faire des chefs d’œuvre. Mais il ne s’agit pas de faire des grands peintres, il s’agit de faire des émancipés, des hommes capables de dire et moi aussi je suis peintre, formule où il n’entre nul orgueil mais au contraire le juste sentiment du pouvoir de tout être raisonnable. « Il n’y a pas d’orgueil à dire tout haut : Et moi aussi je suis peintre ! L’orgueil consiste à dire tout bas des autres : Et vous non plus, vous n’êtes pas peintre. » Et moi aussi je suis peintre signifie : et moi aussi j’ai une âme, j’ai des sentiments à communiquer à mes semblables.

Jacques Rancière, Le maître ignorant, 10/18, P. 113-114

 19h Pause-repas

 20h Et la vie de Denis Gheerbrant (France - 1991 - 95 min.)

Durant une année, de Marseille à Charleroi, à travers des banlieues du bout du monde et des territoires à redessiner, Denis Gheerbrant a suivi les lignes de rupture qui anticipent notre époque. Dans ces paysages incertains, friches d’après l’industrialisation, des personnages viennent à sa rencontre : une syndicaliste, une collégienne, un jeune ouvrier, une sage-femme, un clochard, des jeunes sans travail, des sidérurgistes sans usine et bien d’autres encore. Ils nous parlent d’un monde qui disparaît et de leur rêve d’une autre humanité. Corps et décors, paroles et paysages tissent une cartographie sensible d’un pays ignoré des médias : la France telle qu’elle advient.

Patrick Leboutte

Le réalisateur

Chef-opérateur et réalisateur-caméraman, Denis Gheerbrant filme sa relation avec ceux et celles qui n’intéressent plus les médias. Son oeuvre compose une des filmographies les plus chaleureuses du cinéma français : La vie est immense et pleine de dangers (1994), Grands comme le monde (1998), Le voyage à la mer (2001),...

Pour moi filmer le monde, c’est filmer l’autre à l’intersection de la fiction qu’il se fait du monde et de celle que je m’en fais. Dans ce jeu de « c’est moi qui fais le film, mais sans lui le film n’est rien », c’est parce qu’il y a parole qu’il peut y avoir image, c’est elle qui brise mon rapport de sidération au monde et m’engage à créer de la forme. Donc si le corps en parole est l’image première, le cinéma s’élabore dans l’espace entre l’autre et moi, cet espace créé par la parole et que les mots ne peuvent que circonscrire. Plus encore, cet espace ne devient visible que lorsque j’introduis de l’en-dehors qui fait voir de l’en-dedans. Et le film de devenir du temps. Et le film de faire voir cet invisible dont le rayonnement impressionne nos images de cinéastes. Alors le film nous (lui filmé et moi filmeur) dépasse en ce qu’encore une fois il y a de l’autre, de l’autre à qui on s’adresse, le spectateur réel ou imaginaire, un fragment de l’immensité des humains. Et c’est sans doute parce qu’il est toujours là cet autre que filmer le monde, c’est toujours changer le monde. Ou encore tout simplement parce que filmer, c’est bien, quoiqu’il en soit et d’une manière ou d’une autre, faire, défaire ou refaire le monde. Parce que je ne peux pas vivre si je ne pense pas que mon désir peut changer un rien, juste un rien, qui est tout.

Denis Gheerbrant, 18 juin 1995


 Dimanche 7 octobre 2007
 20h/Filmer la ville : Le cinéma de Denis Gheerbrant
 L’Aquilone (25, Blvd Saucy 4020 Liège)
 Entrée : 2 euros

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