Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Nous avons manqué de temps pour la discussion après avoir visionné les trois films au menu de la rencontre du groupe de travail, le 21 avril dernier. C’est donc en petits comités, dans les cafés, ou via le web que la discussion a démarré. Comme promis, on publie deux, trois choses qui nous sont parvenues et qui sont des notes plus que des conclusions.

Les trois films projetés (voir L’invitation à la rencontre) étaient assez différents les uns des autres et donc j’ai pu déceler des points qui font discussion et qui méritent d’être débattus, ici ou ailleurs. Pour les résumer quitte à les compléter par la suite, les voici :

1. Un cinéma intime

Il y a encore de la lumière (2006 - 15’) de Lydie Wisshault

Un cinéma de l’intimité qui se saisit de la caméra à la première personne (« je filme »), en fait une arme pour se poser face à l’autre qui fait défaut (la fin d’une histoire d’amour), enregistre cette réalité à distance, seule au milieu d’un pays étranger et avec lequel il n’y a pas de dialogue - tout renvoie à l’autre et donc à sa disparition - excepté lors d’une scène à part, violente, où un oiseau filmé au loin disparaît et avec lui, l’histoire passée de la cinéaste.

Possibilité lumineuse pour chacun d’écrire en image sa propre histoire et habiter ainsi le monde ou réduction du cinéma à une intimité faisant disparaître la possibilité du monde et d’une histoire commune ?

2. Un cinéma social

Le zoo, l’usine et la prison (2006 - 60’) d’Eve Duchemin et Jean-Pierre Griez

Un cinéma social de fiction où sur fond de défaites ouvrières, une rencontre a lieu entre une adolescente paumée cherchant son histoire suite à la mort de son père, ancien ouvrier, et une fille de 10 ans, gravement malade, mais portée par la poésie de cette rencontre.

Possibilité de mettre en lumière un monde tenu invisible par la fiction majoritaire et chercher à pointer le commun, la solidarité, ou fiction politiquement correcte accrochée au passé des luttes et sous forme de téléfilm banal, reconnaissable et limité ?

 A propos de Le zoo, l’usine et la prison par Thibaut Wenger
 Ouvrir les portes en grand par Delphine Duquesne

3. Un cinéma chemin faisant

La galerie de la mer (2007 - 62’) de Philippe Van Cutsem

Une ballade pour retrouver en surface l’itinéraire d’une galerie abandonnée qui relie Gardanne, à 25 kms au Nord de Marseille à la mer Méditerranée. Trois marcheurs qui se rencontrent avec leur expérience et leur regard, confrontés aux rencontres possibles avec les habitants.

Possibilité de définir un fil rouge ouvert à l’imprévu et au frottement de la parole entre ses protagonistes d’une part et avec ceux qui viennent à la caméra d’autre part ou projet théorique noble ratant sa mise en pratique alors que la déambulation invitait à se détourner de l’argument initial pour laisser l’autre rencontré prendre le pouvoir ?

 Le peuple, la ville et le cinéma par Emmanuel Massart

4. Qu’est-ce que le tiers-état ?

Depuis la première réunion de ce groupe, Patrick parle d’une pratique du cinéma qui a une histoire, une urgence sans cesse reprise par ceux qui se saisissent des outils à leur disposition et qui n’attendent pas qu’on leur donne une autorisation pour faire et qui est une pratique liant documentaire et fiction, cherchant là à se délier des genres pour étagères bien classées. Cela ne va pas sans susciter des réactions, questions,...

 Une lettre ancienne d’Olivier Smolders à Patrick Leboutte
 Un éclairage et des questions par Tülin Ozdemir (ci-dessous)

Bonjour,

Le Tiers-Etats fait référence au pamphlet de l’Abbé Sieyes en 1789, lors de la révolution française.

Pour référence :

1° Qu’est-ce que le tiers état ? Tout. 2° Qu’a-t-il été jusqu’à présent dans l’ordre politique ? Rien. 3° Que demande-t-il ? À y devenir quelque chose. On verra si les réponses sont justes. Nous examinerons ensuite les moyens que l’on a essayés, et ceux que l’on doit prendre, afin que le tiers état devienne, en effet, quelque chose.

Ainsi nous dirons :

4° Ce que les ministres ont tenté, et ce que les privilégiés eux-mêmes proposent en sa faveur. 5° Ce qu’on aurait dû faire. 6° Enfin, ce qui reste à faire au tiers pour prendre la place qui lui est due.

En intitulant le collectif de Tiers-Etat du Cinéma, cela suggère-t-il la représentation d’une majorité ? Est-ce l’objectif du collectif ?

Lors de la réunion du samedi 21 avril, nous avons visionné 3 films très différents l’un de l’autre. Quels ont été les critères pour leur projection afin de les partager avec le public du collectif ? A travers ces questions, il y a celles que j’aimerais me poser, celles que je cherche ? Quelles sont les questions du collectif, que l’on pose au cinéma aujourd’hui ?

Merci,

Tülin

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