Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Notes sur la journée de samedi 21 avril 2007

Ouvrir les portes en grand, c’est prendre le risque d’être dérangé. Mais comme dirait l’autre : où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir.

A propos du débat suscité par le film : le Zoo, l’Usine & la Prison

Ça commence par Floriane qui est touchée par le film. Elle encourage les réalisateurs à le diffuser à la télévision, considérant que sa qualité formelle le permet tout à fait. L’un des acteurs, Alberto, répond qu’il a contacté une TV locale qui a l’air intéressée. La réalisatrice, Eve, émet des doutes quand à l’acceptation d’un tel projet, qu’elle qualifie de « politiquement pas correct ».

C’est la brèche qui ouvre le dialogue. Plusieurs voix de l’assemblée déclarent que, au contraire, ce film présente toutes les codifications de l’objet « télévisuel » parfait. Pour certains, la forme du film est à ce point clichée, qu’elle neutralise toute possibilité d’être touché. Il semble que ce « choix » de forme soit le résultat d’un compromis entre Jean-Pierre et Eve, les co-réalisateurs du film.

Nous découvrons le film, résultat du dialogue entre les étudiants de l’INSAS et les acteurs sociaux. Chacun a ses exigences qu’il doit défendre pied à pied avec l’autre pour la construction de cet objet commun : le film

Existe-t-il un genre « téléfilm » ? Les réalisateurs se sont-ils eux-mêmes contraints à une forme qui ne leur appartenait pas ? Est-ce que ce film appartient à ce que Patrick Leboutte appelle le ’Tiers Etat’ du cinéma ?

Alors, rien que parce qu’il a suscité ces questions, ce film est pour moi le bienvenu !! Il nous fait gagner du temps, et on pose un pied sur un terrain qu’on a du mal à aborder. C’est quoi le cinéma qu’on défend, qu’on veut connaître, diffuser, réfléchir etc.... Est-ce qu’on est capable d’en parler ?

Il est évident que nous venons avec déjà notre idée de ce qu’est le cinéma. Ce dialogue délicat, où chacun a du chemin à parcourir pour aller vers l’autre : c’est exactement ce pour quoi je suis venue. Je crois que le cinéma n’existe pas « en soi ». Le cinéma est possible là où les gens ont l’envie de faire des films, c’est à dire qu’il est susceptible d’être partout. Soyons vigilants !

Le cinéma que l’on veut faire, nous le cherchons par approximations successives, en se gardant bien d’en donner une définition exclusive

Même si -a priori- on n’imagine pas que la DV amène à réaliser des mélodrames, moi je dis pourquoi pas ?

« La légèreté du cinéma » n’est pas seulement dans la possibilité qu’elle offre d’inventer de nouvelles formes, d’improviser, d’être seul. « La légèreté du cinéma » est aussi dans sa faculté à se déplacer et risquer d’atterrir entre des mains extérieures à ce domaine.

Peut être que la nouveauté de la DV permet au cinéma de passer les frontières de sa sphère pour aller voyager entre des mains inconnues de lui. Alors ce film (le zoo, l’usine...) est un essai, dans le sens où c’est un premier film. Sa légèreté vient d’une espèce d’esprit de pionnier. A la phrase castratrice « ça a déjà été fait ! », il répond : « peut être, mais pas par moi ! ».

Le déplacement, la nouveauté ici, n’est pas formelle ou intellectuelle ; mais concrète puisqu’on fait du cinéma là où on n’en faisait pas avant

Et bizarrement, la lourdeur du film vient de l’ambition qu’il s’est donné, tout seul. On est souvent de soi-même le plus grand auto censeur. Peut-être qu’il y a un chemin à parcourir avant de s’approprier l’outil et d’oser le faire entièrement sien.

***

Samedi, en voyant le film de Lydie et celui de Jean-Pierre ; m’est venue l’idée que peut être, un film, c’est quelque chose qu’on fait ses mains immobiles, on est prêt à croire au grain de sable. Parce qu’il faut bien faire quelque chose avec ce qu’on vit, agir, transformer, se hausser sur la pointe des pieds.

Dimanche, en voyant les résultats des votes français, j’ai pensé à tous les grains de sable qu’il faudra pour enrayer la machine. Si on ne peut pas changer le monde, on peut encore changer sa représentation ?

Delphine Duquesne

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