Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

(pointeur vers le haut pour revenir à la page)

Accueil du site / Geste quotidien / Quartier de Hodimont : journal de travail / Des portraits de Hodimont / Trajet/Rencontres du 22 avril
Chapelle (rue de la), Fyon (rue), Hodimont (rue de), Magnée (cour), Messieurs (rue des), Montagne (rue de la)

Dans la cour Magnée, Michel et Maria pendent leur linge au soleil, devant chez Marie. Discussion avec Michel qui travaille depuis 1 mois comme technicien de surface et homme d’entretien chez un boulanger à Plombière. Il parle avec enthousiasme de son nouveau job, un patron qui lui fait confiance, qui encourage ses initiatives, qui le félicite. Une bonne raison de se lever le matin et une fatigue saine le soir au retour du boulot.

De son côté, Maria ne se montre pas aussi positive. Le discours qu’elle tient est plutôt sombre. Inscrite depuis 4 ans à Logivesdre (société de logements sociaux de Verviers, n.d.l.r.), et toujours pas de logement social en perspective. Pas de travail, non plus, malgré ses recherches quotidiennes. Elle souligne aussi les discriminations qu’elle vit par rapport à certaines cultures qui profitent du système. Elle parle aussi de la fête de Pâques telle qu’on la pratique en Roumanie et là, son sourire réapparait quelques instants.

Maria ne souhaite toujours pas de cliché. Michel ne dirait pas non mais Maria le trouve trop décoiffé et puis il est temps de rentrer ! Une prochaine fois peut-être dit-il en suivant sa femme !! Marie assise sur un fauteuil de jardin, écoute d’une oreille distraite, sans intervenir. Arrive alors sa fille, Irma qui nous salue, et prend place près de sa mère. Elle par contre est d’accord pour le cliché, une fresque commune, elle trouve ça plutôt sympa. La photo leur plait et Irma arrive à convaincre sa mère de me laisser la photographier.

Au coin de la rue de la Montagne et de la rue Fyon, un homme assis sur un coussin, dans un coin encore ensoleillé du trottoir. Il accepte la photo mais ne parle pas français. Je comprends qu’il est d’origine turque et qu’il habite dans la maison en face.

Deux hommes sont assis autour d’une table de café dans l’espace en retrait dans la rue de Hodimont. Je sens leur étonnement quand je me dirige vers eux et leur adresse la parole. L’un est le tenancier du café qui donne sur cet espace, il parle peu français. L’autre, son copain, traduit mon discours. Le jeune tenancier refuse un cliché à l’extérieur mais accepte que je le prenne en photo derrière son comptoir. Il m’offre un café que je bois au bar. Il est 16h15.

Progressivement, le café se remplit d’hommes qui arrivent seuls ou en petits groupes. Ils sortent de la mosquée et retrouvent là pour discuter les yeux rivés sur l’écran plat suspendu au mur. Ma présence les intrigue mais leurs questions restent en suspens. Difficile pour moi de parler, la TV va fort, je ne partage pas la langue de la personne en face de moi et mon malaise s’accroit dans cet environnement qui m’est étranger. Je termine mon café, salue et sort.

Sur le trottoir d’en face, quelques mamans marocaines discutent entourées d’enfants. Parmi elles, j’en connais une. Je les aborde pour leur parler de HVO et des portraits. Elles m’expliquent que je ne peux pas les prendre en photos sans l’accord de leur mari. Dommage.

Rue de la Chapelle, sur le banc devant le musée de la Laine, je rencontre Jacques. C’est un habitué du banc, il vient y chercher des rayons de soleil, salue les uns, répond au bonjour des autres. Il n’est pas du quartier mais le connait bien et y passe du temps. Il en apprécie l’ambiance, la convivialité, le mélange des cultures.

Il se rappelle qu’autrefois, il y avait une brocante dans cette rue « La brocante, c’était bien, une occasion de sortir de chez soi, de rencontrer du monde, de se parler. Ca manque aujourd’hui ». Je lui parle de la fête des voisins qui aura lieu dans un mois dans la rue, il essayera d’être là.

Rue des Messieurs. Dans le parking en retrait, toujours le même groupe d’enfants qui jouent. Ils me reconnaissent et réclament encore des photos. Ok, mais la règle est toujours la même : ils m’emmènent près de leurs parents pour avoir l’autorisation. Je rencontre la maman de Farah, Iman et Saâd qui n’y voit aucune objection.

Pamela me conduit vers sa mère qui me parle longuement de ses enfants, de son travail comme aide-ménagère, de son bénévolat à la Croix-Rouge, de son intégration dans le quartier. Elle me pose des questions sur le Cap et sur le Club des Filles (école de devoirs située dans le quartier, n.d.l.r.) pour voir dans quelle mesure Pamela ne pourrait pas s’y intégrer.

Hodimont par ses rues

Répondre à cet article