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J’ai vécu ce mercredi 21 novembre 2007, au cinéma Churchill, salle d’art et d’essai liégeoise, la séance de cinéma la plus moche de ma vie. Hommage au cinéaste Paul Meyer, mort le mois dernier, annonçait le programme. Travail de mémoire, promettait-il, en présence de ses amis, de sa compagne, de sa fille. Les responsables du Churchill font leur travail, clament-ils dans leur journal à chaque éditorial, ce ne sont pas des boutiquiers. Mais à quoi ressemblait-il cet hommage, à l’arrivée, et que fut-il en réalité ? Une simple case dans une grille des programmes, une cage dans la programmation : pas de pause entre Klinkaart et Déjà s’envole la fleur maigre enchaînés sans transition, sans même rallumer trente secondes les lumières dans la salle pour que l’expérience puisse faire dépôt, non, les films quasiment collés bout à bout, avec entre eux une simple amorce noire, comme s’il s’agissait d’un seul et même long métrage uni par le noir et blanc, on n’a pas le temps, et surtout pas de parole après la projection, pas de conversation, pas de rencontres, allez vite, plus vite, tout le monde dehors, rappel à l’ordre des exploitants, la séance est levée, le film est exploité, faites ailleurs votre petit rot, il y a d’autres spectateurs qui font la queue pour le film suivant rentabilisé dans la même salle, d’autant qu’à cause de Leboutte qui a parlé vingt minutes au lieu des trois minutes commandées, on est déjà en retard, et ils s’impatientent les spectateurs du film suivant, faut pas les faire attendre, faut les comprendre, ils ont payé, veulent pas rater les bandes annonces sous prétexte que Claire Meyer, sa fille, et Anne Michotte, sa dernière compagne, sont encore sous le coup de l’émotion dans la salle parce que leur Paul est mort, tout de même, c’est pas un funérarium ici, n’ont pas compris que le cinéma, au Churchill, c’est un art vivant comme dit le slogan, se rendent pas compte ces deux-là, déjà qu’on les a laissées entrer gratuitement, allez hop, clap de fin, il était une fois Paul Meyer.

Patrick Leboutte

Note : les commentaires joints à cet article ne sont pas rédigés par l’un ou l’autre rédacteur de Des Images, a fortiori quand ils ne sont pas signés. Ils n’engagent donc pas le point de vue de notre association. Quand Patrick Leboutte aura pris connaissance de cette page, il aura le loisir de préciser certains éléments si nécessaire. De plus, cet article fait partie d’un dossier concernant le cinéaste Paul Meyer, non à propos du centre culturel des Grignoux ou plus généralement, du cinéma subventionné en Communauté Française. Vu les proportions prises ces derniers jours dans les commentaires, la page est provisoirement fermée à de nouvelles contributions.

Emmanuel Massart

Forum

  • Dommage à Paul Meyer

    21 mars 2008

    Bonjour Monsieur Leboutte,
    Je suis consterné par votre manque d’objectivité quant à cette journée.
    Permettez-moi de me présenter : Frédéricq Bianchet (responsable de l’équipe du Churchill).
    Je suis la personne qui a prié poliment les spectateurs en fin de séance « Paul Meyer » de se rendre dans le hall, car nous étions en retard sur l’horaire, et que des personnes patientaient pour prendre place et assister à une nouvelle séance.
    Vous n’êtes pas sans savoir que cette même journée, l’équipe du Churchill s’est pliée en quatre pour satisfaire les demandes de l’équipe de tournage de la RTBF, qui vous a, entre autre, interviewé dans la cabine principale de projection, ce pendant les séances. Je vous rappelle que votre courtoisie, vous a permis de fumer sur mon lieu de travail, lors de cette prise de vue, sous le prétexte que cela rendait hommage à Paul Meyer. De plus, je ne me souviens pas avoir reçu le moindre bonjour de votre part.
    Puis-je vous rappeler que les spectateurs qui se rendent aux Churchill ont tous droit aux mêmes égards. S’imaginer une seule seconde que je dois privilégier votre personne au détriment des autres spectateurs ne vous grandit pas. Je me dois de vous rappeler qu’en tant que projectionniste au Churchill, je m’occupe des trois salles et que les faire démarrer a peu près au même moment, en étant respectueux le plus possible des horaires n’est pas chose aisée, d’autant que nous privilégions un service fait main et non pas entièrement automatisé.
    Je suis amer quant à votre article, car il ne rend compte aucunement du fait que nous nous sommes mis, l’équipe et moi-même, au service des personnes organisant la soirée : proches, intervenants, équipe de la RTBF, ... ce depuis le début d’après-midi jusqu’à la fin de la soirée.
    Ne prendre qu’un évènement isolé et l’épingler à l’aune de vos rages personnelles, sans rendre hommage à notre travail est tout bonnement malvenu.
    Pourquoi ne pas m’avoir fait part de vos griefs le jour-même ? Pourquoi suis-je obligé de lire vos reproches sur un site web ? Ne vous était-il pas possible de m’interpeler personnellement par une lettre ? Quant au droit de réponse, pourquoi ne pas me contacter pour que je puisse l’exercer ?
    Toutes vos prétentions morales ne résistent pas à ces quelques questions ? Ne vous en faites pas, j’espère seulement que vous prendrez la mesure de ma réponse et vous invite à vous tempérer, ici-même et dans l’article wiki consacré aux Grignoux. Notre travail quotidien n’est peut-être pas parfait, mais nous nous efforçons tous de satisfaire au mieux les personnes présentes dans nos murs.
    Bien à vous,
    Frédéricq Bianchet

    • Dommage à Paul Meyer

      Monsieur Frédéricq Bianchet,
      Permettez-moi de vous poser quelques questions à propos de votre programmation : Les Grignoux vont-ils attendre que des cinéastes belges comme Boris Lehman ou Jean-Marie Buchet décèdent avant de leur rendre hommage ? Avez-vous déjà projeté un film de Yaël André ? Avez-vous projeté les travaux récents de, par exemple, Jean-Luc Godard ou Chris Marker ? Avez-vous déjà consacré une rétrospective plus ou moins complète à Robert Bresson ? Ou à Peter Kubelka ou Edmond Bernhard. Pour ces deux derniers cinéastes, une séance de deux heures suffirait puisque vous semblez apprécier les cases d’horaire rigides d’environ 100 minutes.
      Comptez-vous projeter ces deux œuvres cinématographiques d’art et d’essai belges récentes :
      1) « Gerda 85 » : une projection en mars 2007 au cinéma Nova à Bruxelles, puis plus rien. Le film sortira finalement au Nova en avril 2008.
      http://gerda.aredje.net/
      2) « Il y a encore de la lumière » de Lydie Wisshaupt-Claudel (2006 - 20 min.)
      « À partir d’images d’un voyage qui l’a menée aux confins de sa solitude, la cinéaste nous livre la chronique épistolaire et filmée de sa quête d’elle-même, une longue marche à travers des paysages vides de toute présence humaine auxquels font écho les paroles d’un être aimé. » (une projection au Botanique lors du festival « Filmer à tout prix », puis plus rien en Belgique. Une projection à Marseille. Pourtant un petit bijou...)
      Je connais déjà les réponses. C’est non. Vous ne projetez que des films qui vous apportent le fric des subventions et le fric des spectateurs.
      Je considère qu’il est scandaleux qu’une association sans légitimité particulière détourne autant de subventions, payées par le contribuable dans le but initial d’encourager le cinéma d’art et essai. Votre association « Les Grignoux » est la plus puissante en Wallonie, elle a donc de fait le monopole.
      Est-il normal que les travailleurs du Cinéma Nova à Bruxelles qui font, eux, un vrai travail de programmation ne soient pas payés alors que de simples gestionnaires comme les Grignoux s’engraissent en prétendant défendre le cinéma d’art et essai ?
      Les Grignoux sont les maîtres pour faire passer des vessies pour des lanternes.

      • Dommage à Paul Meyer

        26 mars 2008

        Bonjour,
        Je ne suis pas la personne habilitée à vous répondre à propos de la programmation. Votre « réponse » n’apporte aucun éclairage sur la situation décrite dans mon billet.
        Que vous soyez déçu par les Grignoux est une chose, que vous répondiez à mon billet de cette manière est hors-propos.
        Bonne journée,
        Frédéricq

      • Dommage à Paul Meyer

        1er avril 2008, par André Meunier

        Monsieur,
        Je trouve votre critique initiale et votre réponse des plus ridicules. Vous êtes l’archétype de l’intellectuel qui n’est là que pour donner raison au public des Kinépolis, UGC et autres cinémas commerciaux.
        Le cinéma Churchill se bat jour après jour pour la vie du Cinéma (avec majuscule), et permet à de nombreux amateurs (de vrais amateurs, ceux qui ont un amour de l’art, qui sont là pour découvrir et apprendre, pas les personnes qui pensent que savoir réciter et parler de beaux mots pour impressionner en se sentant supérieurs aux autres) de découvrir un grand nombre de films récents qui ne passent pas dans le reste des salles classiques, ainsi que beaucoup de films plus anciens (mais voyez donc la programmation des ’Classiques du Churchill’, ainsi que les autres évènements réguliers).
        Le Churchill mérite tous les honneurs d’être là pour le public liégeois. Je ne peux qu’espérer que ce cinéma continuera de grandir, de faire grandir la culture à Liège, au travers de sa programmation, de ses projets, de ses initiatives.
        Je ne vous salue pas.

        • Dommage au public liégeois

          3 avril 2008

          Les Grignoux ne programment pourtant que des films distribués (par des distributeurs) dans toutes les autres salles du pays comme le « Plaza Art » à Mons « le Parc » à Charleroi, le « Studio Skoop » à Gand par exemple.
          Quant à la programmation par les Grignoux d’un classique très connu par mois, je vous invite à comparer votre programmation avec celle de la Cinémathèque française à Paris ou celle de la Cinémathèque royale de Belgique à Bruxelles.
          Je vous invite aussi à comparer vos prix avec les leurs et je conclurai en constatant que les « vrais amateurs de cinéma » n’ont pas la chance de voir du cinéma à Liège et n’auraient pas les moyens de se consacrer à leur culture cinématographique en raison de vos tarifs. Ils seraient ruinés. Les cinéphiles voient vingt ou trente films (de l’Histoire du cinéma) par mois et un grand critique affirmait qu’on ne pouvait comprendre le Cinéma qu’après avoir vu 5 000 films. Ils seraient ruinés par les Grignoux...
          À quand l’ouverture d’une cinémathèque en Wallonie ?
          - Cinémathèque française : http://www.cinemathequefrancaise.com
          Tous les films (huit projections par jour en moyenne, plus autres activités) pour 10 euros par mois !
          - Cinémathèque royale de Belgique : http://www.ledoux.be/programmation/agenda.aspx ?Language=2&Location=CRB-KBF
          par film : 2 euros ou 1 euro avec l’abonnement annuel de 40 euros. Deux ou trois films par jour pendant les travaux. Cinq ou six films par jour en temps normal.

          • Dommage au public liégeois

            9 avril 2008

            Bonjour,
            Votre combat se trompe de cible : exiger une décentralisation de la Cinémathèque de Belgique est le seul combat à mener, tel est ce dont vous avez besoin.
            Les Grignoux n’ont pas la vocation d’être uniquement l’annexe d’un musée, …
            Que la programmation ne soit pas assez pointue à votre goût, ne justifie en rien tous ces amalgames, …
            Le prix moyen par séance ne dépasse pas les cinq euros. Il n’y a pas de publicités en avant-programme sinon des bandes-annonces. Pas de pop-corn. Les articles 27 sont acceptés. L’abonnement de dix séances est à quarante-deux euros. En période scolaires, tous les jours de la semaine voient défiler des enfants, des ados, avec leurs professeurs.
            Dénigrer tout ceci est puéril.
            Si cette association grandit, c’est grâce à la force de travail investie par tous au sein des Grignoux, de la femme d’ouvrage au big boss, merci d’y être attentif.
            Frédéricq

            • dommage

              9 avril 2008, par tit’paille

              je ne comprends pas bien vos discussions qui ne me semblent pas très ouvertes, ni d’un coté ni de l’autre. plutôt un dialogue de sourds non ?
              on a « pour les grignoux » et les superbes choses que l’asbl nous propose... aucune auto-critique ? puis de l’autre coté « le démontage des grignoux » :o) ! je trouvais ce démontage fort incisif et peut-être trop « poussé » dans les premiers billets... puis.. puis après je lis du vent mis en avant par les grignoux ! de magnifiques choses réalisées par EUX et qu’on ne « vénère » pas !! ô mon dieu.
              la situation a l’air si délicatement perverse ! je n’ai aucune idée des subsides touchés par les grignoux et je m’étonne de savoir que ces subsides sont liés à la défense du cinéma « d’art et d’essai »... en effet la programmation diffère quelque peu de ce qu’on donne à voir dans les complexes multinationaux... mais, dans un sens, si peu... et puis, les grignoux c’est principalement de la bouffe qu’on donne à voir aux gens, un film un prix hop hop c fini on enchaîne, et puis... y’a pas énormément d’humain là-dedans, ça reste assez froid, des salles de cinéma et voilà. 42€/10séances... ehm
              enfin ! ce que je souhaitais dire c’est que d’un côté on a les grignoux, assis sous un put*** de potentiel (niveau moyens financiers surtout j’entends), et de l’autre on a des images, autre vision du cinéma, le rapport à l’autre à travers l’oeil de la caméra, riche de liens et de rencontres... avec aussi un potentiel énorme, et tout autre.