Verviers : carte de Hodimont
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Accueil du site / Geste quotidien / Quartier de Sainte-Walburge : journal de travail / Page 09 : Première visite chez Marc

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Cet article fait partie du journal de travail de l’atelier Vues Liégeoises dans le quartier Sainte-Walburge commencé fin janvier 2008.

Vendredi 20 mars 2008.

Cindy et moi avons rendez-vous avec Marc (rencontré lors de la balade 08), ancien boulanger habitant le Fond des Tawes, longue rue en saillie coincée entre deux flancs de colline, reliant la Place des Tawes d’un côté, aujourd’hui une grande pelouse sans âme mais possible signe du passé et le pont des Bayards, menant à Thiers-à-Liège d’un côté et rejoignant Vivegnis et Saint-Léonard de l’autre. Nous descendons tranquillement la rue, une tarte dans une main, la boîte de la caméra dans l’autre. Les ouvriers saignent la rue pavée avec une grosse grue. Un Africain nous regarde passer, furtivement immobile sur le pas de sa porte. La pluie menace.

Les maisons du Fond des Tawes sont d’origines diverses : maisons ouvrières accolées, groupes d’habitations en retrait de la route, vestige possible d’une ferme ou l’autre, constructions récentes pavillonnaires, sans âme. A l’image du quartier en somme : traversée de fines couches hétérogènes qui se déclinent sans grands à-coups apparents entre les habitants. Marc habite une maison ouvrière se fondant dans l’ensemble.

Il sort de chez lui, indique que son père est occupé dans le salon et qu’il ne peut donc nous recevoir. Finalement, nous entrons dans le vestibule. Le couloir est étroit et mène jusqu’au fond de l’habitation. Ouvrant une fenêtre à cet endroit, Marc pointe le jardin – rectangle simple au sol arrondi – où il accueille le voisinage pour des barbecues durant l’été. Vous savez, je connais tout le monde dans le quartier. Le sourire est franc, le geste pudique.

On se sent un peu gauche à expliquer ainsi comment marche la caméra, à la grosse louche. Deux heures de cassette. Ce sera vite plein. J’ai déjà repéré ce que je voulais filmer. Le hasard des vacances lui donnera l’envie de se balader avec sa fille de 8 ans et de s’arrêter pour cadrer. La tarte est déposée sur le coin du meuble, emballée. Il nous promet d’en faire une plus grande encore, quand nous reviendrons. L’idée est qu’on regarde les images ensemble, en prenant notre temps. Il acquiesce. A l’autre bout du meuble, au pied de l’escalier, le téléphone. On s’échange nos numéros. Filmer le quartier, oui.

On ressort et la pluie s’est remise à tomber. Je ne sais pas trop si nous en avons fait trop ou trop peu. Le contact est pris : on reviendra voir. C’est déjà une belle attente. Comment on va travailler ? Qu’est-ce qui va venir comme parole entre nous ? Y aura-t-il l’envie pour Marc d’aller plus loin ?

Emmanuel Massart

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