Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Accueil du site / Geste quotidien / Quartier de Sainte-Walburge : journal de travail / Page 08 : Obliquer par les champs

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Cet article fait partie du journal de travail de l’atelier Vues Liégeoises dans le quartier Sainte-Walburge commencé fin janvier 2008.

Dimanche 16 mars

Profitant de la venue d’amies flamandes à Liège, nous entreprenons le dimanche une promenade sereine. On est six pour l’occasion, ce qui est beaucoup et laisse de côté tout enjeu de rencontre. Mais à côté de Fien, Silke, Eva et Annick, nous bénéficions des conseils avisés de Roger, natif de Liège et ami de longue date.

Nous n’aurons pas le temps de repasser par le parc de la Paix, pourtant si étrangement beau en arc de cercle enlaçant la ville et la basilique Saint-Martin pointée à l’horizon de la colline de Saint-Laurent. Nous reprendrons la rue Beiroua où deux jours auparavant je faisais la rencontre de Marc, le boulanger. L’endroit vibre encore de sa présence, donnant fugacement l’envie de nous asseoir à notre tour. La ville est tranquille, endormie sur elle-même comme on le suppose le dimanche.

Nous empruntons la rue Jacquet, rue étrange semblée s’être imposée au forceps à même la colline, en parallèle de la rue coupée qui elle aussi remonte vers le haut des Tawes. Les paysages gondolés ravissent nos regards et attisent les pas. Peu avant d’atteindre un groupe de trois maisons regroupées sur un pallier le long du chemin, Roger nous invite à obliquer par les champs. Un mince sentier démarre en effet là, annoncé par une plaque « Site des Tawes ». On monte comme on peu, repérant à nos pieds différentes gerbes d’oseille déposées là et notées par de petits écriteaux.

Un homme s’affaire près d’une serre plus loin et nous le saluons. Plus haut, nous atteignons un verger et le chemin se perd parmi les arbres, procurant un sentiment mêlé d’égarement et de liberté. Deux hommes ont posé leur échelle contre un arbre. Roger reconnaît Marc, qui fournit notamment en jus de pomme une petite communauté d’habitants du quartier Pierreuse engagés dans la terre. Marc descend vers nous. On se salue et il disserte à propos de son ouvrage. Il y a des champignons qui dessèchent les feuilles autour des fleurs, privant ces dernières des éléments nécessaires à leur développement. Nous sommes en cercle autour de cette main tendue renfermant une fleur prise pour exemple.

Quel est cet accent ? Je ne lui demanderai pas, soucieux de le laisser aller jusqu’au bout de son histoire. Pourtant, les mots roulent tout leur long et cela ne ressemble en rien à l’accent liégeois, a fortiori à ceux et celles que nous avons déjà rencontré à Sainte-Walburge. On dirait un morceau de paysannerie détaché de la ville. Sur une autre colline, vers le centre de la ville, Roger remarque le terrain de football et l’équipe locale qui s’y produit, le FC Pierreuse. - Ca ne vous gêne pas ? – Oh, on ne les entend même plus, assure l’autre type.

Après une halte d’environ 20 minutes, on laisse ces gens à leurs tâches et reprenons notre chemin, guidé au hasard des arbres, repérant l’arrière d’une maison, débouchant finalement sur le haut des Tawes, en territoire connu. On remonte vers le cimetière de Sainte-Walburge afin de laisser l’un d’entre nous attraper le bus pour la gare des Guillemins. On repart une dernière fois, ne pensant déjà plus qu’au goûter de fin d’après-midi. Le soleil d’hiver comme boussole joyeuse.

Emmanuel Massart

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