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Accueil du site / Geste quotidien / Quartier de Sainte-Walburge : journal de travail / Page 03 : La chapelle rue Coupée et Louise

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Cet article fait partie du journal de travail de l’atelier Vues Liégeoises dans le quartier Sainte-Walburge commencé fin janvier 2008.

Vendredi 8 février 2008

Emmanuel décide de me montrer les endroits par lesquels il est passé avec le groupe récemment. Armée de l’enregistreur, du casque et du micro (que je vais donc apprendre à manipuler…), je le suis donc dans ses déambulations au gré des rues du quartier Sainte-Walburge. Il fait bon et le soleil brille, que demander de plus ? Nous commençons par descendre la Rue de la Chaîne. Au fond d’une impasse, nous découvrons, sur la colline d’en face, une petite chapelle qui nous interpelle.

Intrigués, nous décidons d’aller voir de plus près de quoi il s’agit. Arrivés au fond des Tawes, nous admirons d’en bas l’édifice, comme neuf. Une grande plaque commémorative introduit un chemin : « A Walthère Dewé, grand résistant ». Bordé d’arbres fraîchement plantés et annoncés par de petites plaquettes : « Arbre de la mémoire », le sentier serpente jusqu’en haut. Manu aperçoit un groupe de personnes qui, comme nous, admirent la chapelle, et s’en va discuter avec eux.

Les dames fuient à la vue du micro mais les hommes restent discuter. Ils sont Siciliens. Le premier est arrivé dans les années 60, accompagnant sa mère venue chercher du travail en Belgique. Le second l’a rejoint dans les années 80, d’Allemagne. Ils ne savent pas exactement de quand date l’édifice, sans doute après la guerre dira l’un d’eux. Ils l’ont toujours connu comme ça. Déjà dans les années 60, il venait jouer là avec ses copains, nous dit le premier. Le second est très troublé par l’air tracassé de la statue ornant la chapelle. Il rit doucement.

Ils renseignent que la chapelle a toujours été vide et qu’elle ressort mieux du paysage maintenant que les arbres autour ont été coupés. D’ailleurs, le chemin actuel n’existait pas avant. C’était un simple sentier qui permettait d’y accéder. Ils nous demandent qui nous sommes. Manu répond comme il peut : Une association, intéressée par le quartier, ce qui s’y passe et les gens qui y vivent. Après avoir remercié les deux hommes, nous montons voir cette fameuse chapelle.

De là, nous continuons l’ascension de la colline via la rue Coupée pour déboucher sur le haut des Tawes par l’arrière : le terrain de foot et la buvette du FC Thiers à Liège. Une fois grimpés sur la butte, nous regardons paître le troupeau de moutons. À écouter les cloches des bêtes et en fermant les yeux, on se croirait presque dans un alpage suisse… Nous hésitons en apercevant un homme entouré de gros chiens blancs mais visiblement, ce n’est pas le berger intriguant établi plus loin. L’homme fait grimper ses cabots dans une voiture avant de démarrer. Un jeune garçon sillonne à vélo la dépression sous nos pieds. Le temps se suspend.

Nous arrivons ensuite au rond-point qui marque la limite entre Sainte Walburge, le Thiers à Liège et Vottem, face au cimetière. Nous redescendons par la Rue des cotillages. Attiré par une petite affiche collée à la fenêtre d’une habitation, Manu entre dans l’avant-cour, sans s’apercevoir que la propriétaire est derrière lui, occupée à ses parterres. Elle indique que les chiens sont là pour la protéger. L’un aboie derrière la vitre.

Louise, 85 ans, courbée sur elle-même, nous parle de Billy et Dina, de sa maison, de son jardin, de son mari qui travaillait au charbonnage de la Batterie, derrière la colline, de ses enfants et petit-enfants, de l’évolution du quartier, qu’elle habite depuis ses 19 ans… À Manu qui trouve que ses questions sont stupides, elle répond : Si on ne pose pas des questions, on ne sait rien… Toute une façon de voir… Au bout de presque 1/2h de discussion, nous la saluons en promettant de revenir.

Emmanuelle Stekke

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