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Trois films à texture très différente sur l’amour pour la programmation de B-docs ce mois-ci. Alexia Bontia et Isabelle Martin proposent des regards rétrospectifs, deux femmes à la fin de leur vie pour la première, une jeune femme au lendemain d’une histoire amoureuse pour la seconde. Philippe van Cutsem clôt cette série en nous faisant partager un présent dont le silence est rempli de tension et de tendresse. L’insatiable désir d’amour, toujours inassouvi, constitue le fil d’Ariane de ces trois films.

1. Demain n’est pas trop tard de Philippe Van Cutsem (2008, 48 minutes, autoproduction)

Ces plans fixes nous laissent le temps d’inventer des histoires autour du réalisateur qui se donne à voir seul, ou entouré de complices, surtout féminines. Il y a de la musique aussi et un sentiment fort de liberté alors qu’on atteint la mer, enfin.

2. Parlez-moi d’amour d’Alexia Bonta (2007, 14 minutes, production IAD)

Ce sont des femmes âgées et hospitalisées mais mais pleines de vie... et d’amour ! Elles en parlent avec pragmatisme, regret, sagesse et sans aucun sentimentalisme. La réalisatrice parvient à les approcher de manière autant directe que pudique.

3. Je danse devant toi toujours d’Isabelle Martin (1998, 10 minutes, autoproduction)

Isabelle Martin envoie cette lettre en forme de poème visuel à l’âme sœur (et perdue). C’est l’album souvenir d’un amour savamment confectionné, accompagné – off – d’un inventaire à la Prévert, un sein ardemment embrassé, ainsi qu’un visage qui peu à peu disparaît dans la buée. Et toujours Leonard Cohen. À travers ce haïku visuel, Isabelle Martin gère un sentiment douloureux et force la joie à recouvrir l’amertume.

Figer les choses, laisser une trace, ça m’aide à casser, à avancer. J’ai décidé de danser jusqu’au jour où je ne serai plus amoureuse de toi.

Biographies


Philippe Van Cutsem

J’ai pratiqué la peinture pendant une douzaine d’année, puis je me suis tourné vers la vidéo. C’était au début des années 90. J’ai ensuite expérimenté d’autres formes : installations, performances, théâtre, radio, pièces sonores, mais il ne s’agissait pas vraiment d’aller voir ailleurs. Je me demandais comment je pouvais moi aussi faire des films. Il m’a fallu ce long détour pour retrouver le cinéma - comme on retrouve sa maison - le cinéma dont je rêvais adolescent : un cinéma libre de toute contrainte de production, en prise directe sur le quotidien, sur la vie. Finalement, aujourd’hui, je fais peut-être des films comme jadis je faisais de la peinture.

Alexia Bonta

Alexia Bonta est née à Bruxelles en 1982. Actuellement, elle est étudiante en dernière année du Master en Anthropologie à l’UCL, Louvain-la-Neuve. En 2007, elle obtient une licence avec distinction en réalisation cinéma à l’IAD, Louvain-la-Neuve. Son film de fin d’études « Parlez-moi d’amour » a reçu le Prix du Jury au Festival International de Oberhausen, le Grand Prix du Festival « Festimages » de Charleroi et le Prix du meilleur film de fin d’études au Festival « Het Grote Ongeduld » de Bruxelles.

Isabelle Martin

Après avoir suivi des études de narration à l’ERG (1996-2000), Isabelle Martin (Bruxelles, 1978) entre à l’INSAS en réalisation (2002-2006). Au centre de son travail, il y a l’écriture. Une écriture qui prend différentes formes, et s’exprime dans plusieurs disciplines artistiques : elle réalise des films et des vidéos (Je danse devant toi toujours, 1998 - Mais supposez…, 1999 - La maison de carton, 2000 - Ne plus aimer la neige, 2004 - Toute grande toute seule, 2005), mais développe également un travail sonore dans lequel l’exploration de la voix est centrale. Elle a écrit un recueil de nouvelles (De ce qui n’est pas et devrait être, que les éditions Brandes ont publié en 2006), réalise des installations sonores et des performances. Elle a reçu plusieurs prix (Prix Médiatine, prix vidéo à Caen, prix au Festival de la radio et de l’écoute de Brest...).

Par ailleurs sur le site


Le peuple, la ville et le cinéma - A propos de « La galerie de la mer » de Philippe Van Cutsem par Emmanuel Massart

Il y a la route, le chemin vers la mer qui n’est encore qu’une promesse écrite sur une carte que l’on déroule devant nous, un trait rouge barrant de part en part la topographie recelant cette fameuse galerie souterraine reliant Gardanne à la Méditerranée et qui fut autrefois le quotidien des besogneux. Faire un film, apprendre à lire des plans nouveaux où ce qui nous intéresse est en-dessous du visible, le travaille pour annoncer tous ses possibles. La galerie de la mer parle sans cesse de ce qu’il déploie alors qu’il ne fait jamais la leçon. Il ne demande pas de savoir préalable au spectateur, juste une attention légère pour ce qui va surgir. Ce n’est pas encore un film, c’est déjà du cinéma.

« Le jardin » de Philippe Van Cutsem

Liens


Vestiges d’amour. A propos de « Parlez-moi d’amour » d’Alexia Bronta (cinergie.be)

De prime abord, Parlez-moi d’amour est un film difficile à encaisser. Deux vieilles dames dans un état de délabrement physique très avancé sont filmées sous toutes les coutures, la caméra pénétrant leur intimité à un stade où un peu plus de pudeur aurait été de mise. Les images mettent d’emblée mal à l’aise. La déchéance physique, la vieillesse, l’infirmité, l’imminence de la mort... Des choses que l’on ne veut pas voir, des sujets que l’on préférerait ne pas aborder. Et puis, petit à petit, on s’habitue, et on se met à sourire au fil du récit de ces deux vieilles dames ne manquant pas d’humour derrière les regrets et se livrant sans retenue.
remplissage


B-Docs N°05 : Amour
Programmatrice : Stefanie Bodien
Dimanche 22 février 2009 à 18h
L’Aquilone - 25, Blvd Saucy, 4020 Liège
En présence des réalisateurs (sous réserve)

Le même programme est diffusé
par Kranfilm - 26 Place Saint-Géry, 1000 Bruxelles

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