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Ce mois de mars, « B-docs » fait une double halte en terre étrangère, le long des collines rwandaises de Bernard Bellefroid et près d’un pont bosniaque sur la rivière Drina que Xavier Lukomski enregistre fixement. Chez les deux hommes, la géographie s’efface derrière les paroles : paroles de victimes, paroles de bourreaux, paroles des tribunaux. Des mémoires racontent, rappellent des corps disparus pour évoquer l’histoire des hommes, incompréhensible mais réelle. Quel est le pouvoir de ces mots ?

N.B. : Il n’y aura pas de « B-docs » programmé en avril.

1. Un pont sur la Drina
de Xavier Lukomski - 18 minutes - B2005

De la guerre en Bosnie, on se souvient surtout de noms de villes, Sarajevo, Mostar, Bihac, Tuzla, Gorazde... et d’un massacre à Srebrenica. Mais de Visegrad, on ne se souvient pas. Parce que de Visegrad, les médias occidentaux n’ont jamais parlé. Comme s’il ne s’y était rien passé. Comme si Visegrad n’avait jamais existé. Visegrad existe pourtant. C’est une ville de Bosnie orientale, avec un pont. Un pont symbolique et majestueux. Un pont rendu célèbre par le roman d’Ivo Andric. Un pont comme un emblème, comme un pilori, comme un mausolée... Comme un témoignage.

2. Rwanda, les collines parlent
de Bernard Bellefroid - 50 minutes - B2005

Onze ans après le génocide, ce film accompagne survivants et bourreaux avant et après les premiers procès populaires Gacaca où ils se retrouvent face à face. Il y a Obede, accusé d’avoir tué des enfants et dont la demande de pardon n’est qu’une stratégie cynique pour être libéré. Il y a Gahutu, qui n’a « aucun remords » et qui face à ses juges, parle toujours de « serpents » pour parler de ceux qu’on exterminait. Enfin il y a François, obligé de tuer son propre frère pour pouvoir survivre et qui tente aujourd’hui de se réconcilier avec sa belle-sœur. À travers ces trois histoires, le film tisse un portrait d’une société en guerre contre l’idéologie toujours présente du génocide.

Liens

Un pont sur la Drina - La permanence d’un lien
Par Philippe Simon sur Cinergie

[...] C´est là l’extraordinaire force d’Un pont sur la Drina : avoir su concevoir, à partir d’un instant monstrueux de l’histoire actuelle, un lieu cinématographique où non seulement le spectateur peut prendre conscience que cette histoire est en partie son histoire mais aussi réfléchir à ce qui pourrait en changer le cours, à ce qui devrait nécessairement le changer.

Rwanda, les collines parlent - La logique des bourreaux
Par Jean-Michel Vlaeminckx sur Cinergie

[...] Comment l’ampleur du désastre génocidaire peut-elle se transmettre si les tueurs n’assument pas leur responsabilité (oublions la culpabilité) ? En en parlant, s’y confrontant, en publiant les témoignages, en brisant le silence. En réalisant un film comme celui de Bernard Bellefroid et en le diffusant. C’est aussi à cela que sert le cinéma : être une mémoire vivante.

Entretien avec le réalisateur Bernard Bellefroid à propos du film
Par Jean-Michel Vlaeminckx sur Cinergie

[...] Il fallait éviter une série de pièges. Le Rwanda est un pays souverain. Je voulais éviter qu’on puisse dire que j’avais jugé à la place des GACACA [tribunaux populaires]. Je voulais me garder de faire un jugement moral. Ma position de cinéaste était qu’on parle du génocide, qu’il ne reste pas dans le non-dit.


B-Docs N°06 : Tribunaux de guerre
Dimanche 22 mars 2009 à 18h
L’Aquilone - 25, Blvd Saucy, 4020 Liège
En présence des réalisateurs (sous réserve)

Le même programme sera diffusé
par Kranfilm la semaine suivante.
26 Place Saint-Géry, 1000 Bruxelles

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