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LA FABRIQUE DU CINEMA #2
Cinéastes voyageurs
en collaboration avec Est-ce une bonne nouvelle

Il y a toujours deux voyages. Celui que l’on fait, et celui que l’on se remémore. Les deux films présentés ici font ce travail de mémoire, organisent les réminiscences, pour tenter de transmettre par l’image et le son, la singularité d’une expérience. C’est là qu’apparaît la dimension poétique du cinéma. Prenant le contre-pied d’une vision qui se voudrait englobante, Christian Barani et Dominique Dubosc, chacun à leur manière, travaillent à partir de fragments, de détails qui sont autant de blocs de matière qui entretiennent entre eux des relations complexes et multiples. Relations ouvertes et, en un sens, inachevées. Mais c’est dans cet inachèvement même que le spectateur peut trouver sa place.

Entre-temps
Christian Barani
2006, 31 min. 30




Images tournées au Népal en mars 2005 Une marche dans une vallée qui contourne le Manaslu. La présence fantomatique mais bien réelle des maoïstes m’empêche de filmer dans les premiers jours. Puis les militaires disparaissent, l’image peut exister. Durant cette avancée, une caméra super8 capte le temps de la marche où l’esprit glisse, se fragmente, se boucle, s’émeut et une caméra vidéo enregistre le temps qui se déploie.

Réminiscences d’un voyage en Palestine
Dominique Dubosc
2004, 38 min.

En juillet 2002, le dessinateur Daniel Maja est invité en Palestine par le Consulat de France à Jérusalem et le Ministère palestinien de la Culture, pour relancer un projet d’écoles de dessin à Ramallah et à Gaza. Je décide aussitôt de l’accompagner. Mon projet n’est pas de rendre compte de la “mission Maja” (vouée dès le départ à l’échec en raison du couvre-feu imposé aux grandes villes de Cisjordanie et des incursions israéliennes qui ravagent Gaza), mais de construire un film sur la confrontation de nos deux regards. Le film prend forme lentement, longtemps après le voyage, car Maja, qui ne travaille jamais “sur le motif”, a toujours besoin de plusieurs mois pour que ses impressions se fondent dans son imaginaire. Tout au long du printemps 2003, un jour par semaine, il accepte d’improviser sous l’oeil de la caméra, dessinant des images qui évoquent à la fois la Palestine et un fond plus vaste, peuplé de son bestiaire habituel. De mon côté, je passe plusieurs mois avec mon monteur à retravailler les images tournées sur place : à leur donner une qualité picturale et un fond sonore (en grande partie imaginaire) qui en font des réminiscences plutôt que des “notes de voyage”. Le film qui résulte de ces deux élaborations est la mémoire d’un voyage, ou plutôt, un voyage dans la mémoire des deux voyageurs.
Dominique Dubosc

Le 26 mai 2004
Cher Dominique, Plusieurs semaines ont passé depuis que j’ai vu ton poème sur la Palestine, Palestine remembered (Réminiscences d’un voyage en Palestine). Il est resté dans ma mémoire aussi vivant que quand je l’ai vu. Je dis « ton poème », car je pense que c’est un poème. Je pense que c’est le meilleur film/vidéo que j’ai vu sur la situation en Palestine. Le plus émouvant. Le plus politique aussi. La plupart des films que j’ai vus sur la Palestine – la plupart des films politiques en général – versent dans la propagande. Les journalistes et les cinéastes n’arrêtent pas de parler, de nous dire ce qu’ils veulent que nous entendions. Toi tu ne dis rien, tu laisses parler les images. Et elles parlent. Elles parlent à différents niveaux, comme seule la poésie peut le faire. Et tu en fais un pur morceau de cinéma. On voit le contenu, on voit et on apprécie en même temps le cinéma, ta façon de faire. Le film ne marche si bien pour moi que par cette pureté cinématographique. Je ne dis pas ça pour te flatter. Pendant ces dernières semaines, j’ai souvent senti que j’aimerais revoir ton film. Mon emploi du temps trop chargé m’en a empêché. Ce désir de revoir ton film, et je le reverrai, vient précisément de ce que c’est un poème et pas du journalisme. Et ça, c’est rare dans le cinéma politique aujourd’hui. Donc… merci.
Jonas Mekas
PS – Je pense à l’instant que ton film pourrait être défini formellement comme une élégie. Espoir et Tristesse. Ou Espoir plein de Tristesse. En fait, c’est un film horrible et beau à la fois. L’horreur du monde est la même que dans Goya ou Guernica. La seule différence, c’est que ça se passe aujourd’hui.

Christian Barani se positionne, dans son parcours artistique, comme un passeur investissant les domaines de la réalisation, de la diffusion et de la transmission. En tant que vidéaste, il décide depuis 1997 d’intervenir dans la sphère du documentaire pour des enjeux éthiques, politiques et liés à la représentation de l’être humain dans ses actes du quotidien. Cette recherche est fondée sur un dispositif de tournage qui procure au plan un statut d’acte performatif et la narration se développe sous forme de fragments. Ses vidéos sont présentées en Europe et à l’étranger. Il collabore régulièrement pour l’atelier de recherche d’Arte.
http://www.christianbarani.free.fr/
Dominique Dubosc est cinéaste. Depuis 1968, il a réalisé une quarantaine de films.
« Pour ce que j’en sais, je ne cherche pas à dégager une réalité supérieure ou un sens de la vie auquel je ne crois pas, mais à éprouver mon lien impensable avec le monde : à montrer, jusque dans les situations les plus sombres, cette vie qui me séduit encore, malgré tout. » Dominique Dubosc

http://www.dominiquedubosc.org/


LA FABRIQUE DU CINEMA #2
Cinéastes voyageurs
en collaboration avec Est-ce une bonne nouvelle
lundi 16 novembre, 20h30
à la Compilothèque
50 quai des Péniches - 1000 Bruxelles
p.a.f. 3 €

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