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Cet article a été rédigé dans le cadre de la soirée B-docs n°10 du dimanche 22 novembre 2009 où Cellule 719 fait partie de la programmation. Ce texte est une traduction libre du flamand. La version originale se trouve à la suite de la version française.

Il y a à peine quelques images dans Cellule 719 : de temps à autre voyons-nous une percée d’eau mais sinon le film demeure dans le noir. Le texte à l’écran provient de la « lettre d’Ulrike Meinhofs dans le couloir de la mort », texte écrit par la membre de la RAF alors qu’elle était emprisonnée.

Pour Annik Leroy, cette vidéo représente un moment au sein d’un processus plus large, une recherche sur l’histoire de la RAF, et plus que les mécanismes psychologiques de la terreur, elle s’attache à la personnalité d’une figure publique placée dans un isolement total et livrée à elle-même.

On pense à Robert Bresson à propos de cet univers carcéral prenant une forme mystique : la cellule mais aussi la chapelle du pénitencier, la mansarde ou la loge du prêtre. Le travail expérimental d’Annik Leroy touche à l’abstraction, soulignant à l’extrême les formes banales de cet univers. Ici, point de barreaux, de murs et pratiquement pas de lumière. Hormis le texte graphiquement très sobre, quasiment rien ne transparaît à l’image.

Cette grande abstraction plonge-t-elle le spectateur dans un effroi complet ou simplement lui donne-t-il une liberté nouvelle ? Tout comme la détenue, nous sommes finalement renvoyés à nous-mêmes. L’obscurité mouvante place au premier plan la bande sonore, aussi austère que suggestive. Cellule 719 finit d’installer un ton contemplatif, expérience mentale tout autant que sensorielle.

Cette expérience des sens prend une résonance énorme dans un tel contexte dépouillé. Dans sa déclinaison d’installation, le film de Leroy se fait parcours au sein duquel les composantes principales (lumière versus obscurité, texte versus image) s’insère dans un cadre spécifique.

Tout comme lors de son travail précédent Vers la Mer (1999), un essai sur la rivière Donau, Leroy dépasse les frontières entre nature et culture, documentaire et art, poésie et médiatisation. L’artiste rassemble avec son portrait d’Ulrike Meinhof deux thèmes forts : l’idéologie et l’instinct de survie.


Er is nauwelijks beeld in Cell 719 : af en toe zien we een glimp van water, maar verder is de film voornamelijk zwart. De teksten die in het grijs op het scherm verschijnen zijn afkomstig uit ’Ein brief Ulrike Meinhofs aus dem Toten Trakt’, een brief die in 1972 werd geschreven door het RAF-lid Ulrike Meinhof, toen ze net gevangen gezet was.

Voor Annik Leroy is dit video-proejct maar een tussenhalte in een langer proces, een onderzoek naar de historische RAF, maar nog meer naar de psychologische mechanismen van terreur, de persoonlijkheidsstructuur van een publieke figuur die in volkomen isolement wordt overgeleverd aan haar meest private zelf.

In de auteurscinema, en met name bij een figuur als Robert Bresson, keert de cel telkens weer terug als een mystieke locus : de gevangeniscel, maar ook de kloostercel, de priesterwoning, de zolderkamer enz. De meer experimentele video-kunstenaar Annik Leroy abstraheert de concrete, anekdotische verschijningsvorm van de cel nog extremer. Hier geen tralies, geen muren, en praktisch geen licht. Behalve het uiterst sobere grafische effect van de grijze letters bevat het beeld nauwelijks informatie.

Radikale abstrahering : totale terreur of juist een absolute vrijheid voor de kijker ? Net als de gedetineerde wordt de kijker effectief op zichzelf teruggeworpen. De geritmeerde duisternis in het beeld versterkt vooral de impact van de geluidsband, die even sober als suggestief werkt. Cell 719 roept een contemplatieve stemming op, zowel mentaal als puur lichamelijk.

De zintuigelijke respons op minimale signalen verleent het werk een enorme resonantie. Met de installatie-versie werkt Leroy de video-tape uit tot een sober, gefaseerd parcours waarin de centrale componenten (licht versus duister, tekst versus beeld) ingepast worden in een specifiek kader.

Zoals in haar eerder werk Vers la Mer (1999), een essaystische documentaire over de Donau-rivier, overstijgt Leroy de discrepantie tussen natuur en cultuur, tussen documentaire en kunst, tussen po‘zie en mediatisering. De kunstenares combineert met haar portret van Ulrike Meinhof op een zeldzame manier twee complementaire drijfveren : ideologie en overlevingsinstinct.

Edwin Carels

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