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LA FABRIQUE DU CINEMA #3
ici c’est plus intime
trois films de Barbara Manzetti

Quand on me pose la question je dis que je suis danseuse même si je pense que le mouvement chez moi est parti en courant depuis un moment déjà. D’ailleurs jusqu’à présent ma caméra n’a pas bougé, ne bouge pas car ce qui m’intéresse d’abord est le mouvement du corps du film et la possibilité de saisir, à travers l’immobilité de la caméra, de nouveaux espace pour notre réalité. Aussi ces films ne sont pas tout à fait autonomes, ils continuent d’appartenir à un espace plus large, celui de mon travail, de la performance qui les accompagne, les actualise et les complète provisoirement.

Barbara Manzetti
http://www.manzettibarbara.com/


UNE FORME AMIE
novembre 2009, 18 min

performance/film vidéo - créée en compagnie de Giuseppe Molino avec le soutien du Théâtre de la Bastille



j’ai peur de tout sauf de ce théâtre, de ce que je vais pouvoir y faire, j’ai peur de respirer et de vieillir, j’ai peur de tomber, peur de ce qui ne nous sépare pas, mais jamais jamais peur de commencer à partir de rien, peur de m’étouffer en avalant ma salive, ça oui, mais peur de moi aujourd’hui dans l’espace noir, non, l’envie est absolue, dire, dire, dire, le dire, j’ai peur de tout, sauf ici, j’ai peur, je sais ma vie finira par s’endormir, par oublier, par rêver, par s’extraire définitivement du coeur qui bat, du battement de paupières et cela avant d’avoir réussi à faire la place pour le présent.

LE BATEAU DU NOUS
février 2009, 27 min




jennifer lacey et barbara manzetti dans un film réalisé dans un moment de dépression personnelle et mondiale en quatre jours et sans caméraman dans la géographie des Laboratoires d’Aubervilliers et avec leur soutien bien sûr et en compagnie de yvane chapuis et julie pagnier aimablement disponibles et en grande empathie avec le dispositif

C’EST CE QUE C’EST
février 2008, 20 min





la danse belge c’est revenir à Bruxelles c’est te revoir c’est te voir la danse belge c’est quand tu me dis que je ne danse pas assez c’est quand je me rends compte que je n’ai pas oublié Bruxelles c’est la possibilité d’une réconciliation c’est quand tu viens me rendre visite à Paris c’est quand nous ne parlons pas la même langue c’est quand nous parlons le même dialecte la danse belge c’est quand je sors du côté de la Tour du Midi c’est quand je fais mon travail c’est quand nous parlons de nos envies c’est quand nous parlons d’argent c’est quand ils ne parlent plus et quelque chose peut commencer la danse belge c’est quand tu es arrivée d’Espagne c’est quand il est arrivé de Caracas c’est quand elle m’a hébergé dans son appartement c’est ta dernière demande au Ministère des Démarches c’est quand tu me dis que j’ai pris l’accent c’est quand je vais à Paris et je vois la différence c’est quand je vis à Paris et que je ressens la différence la danse belge c’est quand vous me manquez c’est quand je ne peux pas mentir la danse belge c’est quand tu manques de lumière c’est quand il te dit qu’il va apprendre le flamand c’est quand tu dis que ton fils n’a pas appris le français c’est quand ils m’accompagnent jusqu’au quai c’est quand nous prenons le train pour Oostende c’est quand je ne peux pas me décider entre deux parfums c’est quand je dis « voiture » et toi « automobile » c’est quand il garde l’accent au bout de 20 ans c’est quand ça fait 20 ans qu’il dit qu’il va partir d’ici la danse belge c’est quand au cinéma il y a plus de sous-titres que de film c’est quand il n’est pas encore tard dis ? c’est quand tu ne sais pas le faire c’est quand je ne sais pas le dire c’est quand nous nous construisons malgré tout des illusions la danse belge c’est quand je repars à Paris le lendemain matin c’est quand je pars le soir-même c’est quand il passe la nuit au Central c’est quand on ne comprends pas le programme en flamand c’est quand ils comprennent le programme en français c’est quand tu m’écris la vie continue c’est quand elle me dit faisons de belles choses la danse belge c’est quand tu dois rester à Bruxelles c’est quand tu me souhaites beaucoup de courage c’est quand tu écris que je peux compter sur toi si j’ai besoin de nourriture la danse belge c’est quand tu passeras à Paris en février c’est quand tu m’écrit que les jours passent sans s’en rendre compte c’est quand elle m’écrit que nous sommes en plein milieu de l’hiver c’est quand je pense venir à Bruxelles dès que possible c’est quant tu notes sur ton carnet la date de ma venue à Bruxelles la danse belge c’est quand tu seras en Grèce et moi à Bruxelles du 14 au 26 février c’est quand c’est dommage parce qu’on se verra qu’un seul jour c’est quand nous disons que nous ne nous sommes pas vue depuis 10 ans non 13 ans la danse belge c’est quand c’est comme ça c’est quand on ne peut pas faire autrement c’est quand tu sors de la Gare du Midi et il pleut c’est quand tu rentres à Beersel en voiture la danse belge c’est un trois pièces en enfilade à St Gilles c’est quand on a le choix de la sauce c’est quand nous avons tous un peu vieilli c’est quand je t’embrasse et que tu sens la bière c’est quand tu t’approches et je sens la frite c’est quand tu traverses en courant la Barrière de St Gilles la danse belge c’est ce que c’est.

une production des Halles de Schaerbeek/ une commande de Ida de Vos et Fabienne Aucant pour les dimanches de la danse 2008

Barbara Manzetti est danseuse et chorégraphe, née à Rome en 1970. Elle participe dernièrement aux projets de Jennifer Lacey & Nadia Lauro, Julie Nioche, Rainer Gahnal, Barbara Schlittler.


LA FABRIQUE DU CINEMA #3
ici c’est plus intime
trois films de Barbara Manzetti
dimanche 6 décembre, 20h30
à la Compilothèque
50 quai des Péniches - 1000 Bruxelles
p.a.f. 3 €

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