Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Accueil du site / Geste quotidien / Quartier de Sainte-Walburge : journal de travail / Page 17 : Portfolio de la boulangerie de Dominique

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Le portfolio est accessible ici, dans la galerie photo de Des Images.

Nos allées et venues à Sainte-Walburge - volonté de rendre compte d’un quartier de Liège avec le cinéma – pourraient paraître se faire plus rares pour le lecteur de ce site. Nous n’avons plus rien écrit depuis de longs mois. Pourtant, à plusieurs reprises ces derniers temps, j’ai pu mesurer à quel point les espaces et les histoires nous travaillent sans même réfléchir, rendant à notre patience la chaleur discrète mais attentive de plusieurs gens du coin.

Les échanges se font plus précis. La confiance est palpable. Nous acquérons un savoir à force d’entendre les propos de nos interlocuteurs : métissage, confrontation, écoute dans la durée, hypothèses proposées. Nous ne sommes plus vierges. Un salut laconique est lancé par certains là où le silence des passants était notre pain quotidien. Nous ne sommes plus tout à fait de l’extérieur, laissons volontiers de côté notre anxiété d’apparaître « venir voler quelques images rapides » pour un journal télévisé imaginaire.

Sainte-Walburge n’est pas le centre de la grande ville et nous apprenons à nous décentrer, seule possibilité de faire émerger ces témoins, de toucher à la légende d’un quartier, de voir en quoi la parole d’un berger de la Batterie ou d’un boulanger de la rue principale, d’une femme du bas de la colline ou d’un ancien mineur du plateau font société. Faire partie d’un ensemble collectif vivant, proposer des images et des sons que ces habitants attendent… Faire œuvre de liens à la fois dans le travail technique du montage et dans l’esprit sensible de sentir que les regards se relancent… Voilà qui nous fera allègrement passer l’hiver au chaud.

Pour donner quelques nouvelles, un portfolio de Delphine nous fait découvrir la boulangerie de Dominique Arnold, le sémillant boulanger près de la place de Sainte-Walburge, les pieds plantés là depuis toujours, devisant sur la fête des fous comme sur l’importance du charroi à déplacer vers l’avenue Victor Hugo, artère parallèle qui en captant une part nouvelle du trafic, rendra au centre du village Sainte-Walburge un peu de son lustre d’antan pour l’automobiliste d’habitude pressé d’aller chercher l’entrée d’autoroute plus haut.

On voit des gens s’arrêter à présent. Ils viennent chercher leur pain ou leur journal. Derrière ce changement infime, il y a la promesse de bien plus : permettre que les gens d’ailleurs puissent promener leur regard ici alors qu’ils ne percevaient auparavant qu’une voie rapide entre l’hôpital et la sortie de Liège. C’est bien cela habiter une ville aujourd’hui : inventer des vitesses lentes.

Dans les images de Delphine, derrière Dominique apparaissent à leur tour Jacquot, le camarade avec qui deviser de la prochaine fête des fous et surtout Marcel, le vieux compère rompu à la cuisson des pâtes. Avec ce dernier, l’atelier prend des airs de théâtre où nos duettistes, entre un filet de radio et le brouhaha du lave-vaisselle, émergent par quelques éclats de rire.

Au sein de cette rencontre transpire un élan pour relier passé et présent (la boulangerie existe depuis au moins la seconde guerre mondiale), mesurer le chemin parcouru, comprendre ce qui fait la frontière et l’identité de Sainte-Walburge, comment espérer accueillir l’étranger, tout cela en gardant un œil sur les tartes et les pains sortant du four. Et pour finir, une fois cinq heures passé, le secret de l’atelier : un verre de porto entre amis.

D’autres nouvelles plus tard avec la prise son de ces rencontres...

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