Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Accueil du site / L’association / Archives / divers / Images au poing - Pour Cockerill (27 mars 2003) / Présentation de la soirée par Emmanuel Massart

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Cette soirée au centre culturel de Seraing, l’une de nos premières activités, était née de l’envie d’aller voir là-bas, là où la Meuse est bordée des usines et des hommes qui en vivent encore, leurs ambiguïtés et la menace à nouveau d’une disparition. Nous avions une urgence comme tous les Liégeois en apprenant fin janvier la fermeture programmée d’une partie des installations de Cockerill.

Naïvement s’est posé la question de savoir ce que nous pouvions faire : d’abord, de l’écoute. Aller montrer des films était alors un prétexte pour, l’espace d’une soirée, rencontrer ces ouvriers que nous n’apercevons plus aujourd’hui que filtrés par les actualités, cette obsession de mettre tout de suite des mots sur les réalités quitte à les travestir et à ne marcher que sur une jambe.

Nous sommes allés à plusieurs, avec nos petites mythologies d’une classe ouvrière dont la force collective a fait la grandeur passée, un endroit unique où la société pouvait être remise en cause et repensée - un vrai fantasme d’intellectuel pour la cause. Nous ne savions pas à vrai dire, étant seulement animés par certaines images d’ironie, de violence et de dignité, notamment chez les Medvedkine, les Dardenne ou Laurent Hasse.

Nous sommes allés montrer certaines de ces images, de nos images et nous confronter. Il n’y eut que trois ouvriers dans la salle, mais chacun a pris la parole. Les mots étaient chargés d’incrédulité, de violence légitime et puis encore et toujours, de l’espoir. Pour nous, c’était une nouvelle preuve - si besoin était - que le cinéma doit rester un outil de tous, en rupture avec les visions dominantes de l’audiovisuel.

Hier, les groupes Medvedkine naissaient de cette utopie. Il nous faut travailler aujourd’hui pour qu’à la prochaine grève, un homme dans le bureau d’une usine décroche son téléphone pour appeler quelqu’un et dire : « venez nous filmer. On a aussi besoin de vous. »

Emmanuel Massart
 Décembre 2004

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