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Accueil du site / Grands entretiens / GE n°03 - Le prof de morale Jacques Duez / 16 Jacques Duez : ne pas faire du journalisme

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Sur quoi travailles-tu à présent ? (en avril 2008, n.d.l.r.) Tu travailles toujours avec des enfants ? Tu es retraité ?

Je suis toujours retraité mais je produis deux émissions. Je continue à travailler et à monter. Je vais dans des écoles et comme dans la région, on connaît mon travail, les portes sont ouvertes.

Quel est ton rapport avec ces élèves ? Tu les vois toutes les semaines ?

Une fois par semaine, oui. Faire du journalisme, ça ne m’intéresse pas.

C’est dans le cadre d’un cours ?

C’est dans le cadre de leurs heures. C’est de toute façon beaucoup plus souple maintenant qu’autrefois. Par ailleurs, les enfants adorent pouvoir se retrouver en situation de s’exprimer.

Des adultes marquent un intérêt pour voir et discuter ce travail ?

Par exemple, je présente prochainement des documents à Bruxelles, au cinéma Nova ! Ils m’ont parlé de faire une présentation de ce travail à Gand ! Dans un cinéma à Gand. Une ou l’autre conférence à Luxembourg est en discussion avec d’autres.

Tu disais : « Tiens, il faut réinventer les choses, ne pas les reproduire à l’identique ». Montrer ce que tu fais ou as fait quand tu étais prof, c’est une chose. Mais donner des conférences, qu’est-ce que tu as envie d’y raconter ?

Je fais plus ou moins régulièrement des séminaires à Liège, avec des étudiants, invité par un prof en psychopédagogie… Il me demande d’aller présenter mon boulot et j’aime bien parce que tu as des questions et parfois des mauvais coucheurs. Des gens sont méfiants ou doutent de ton honnêteté. J’aime bien de rencontrer et discuter. Mais ce n’est pas dans un souci de vouloir pérenniser ce que je fais… Non, vraiment pas.

La première fois que je t’ai rencontré, c’était à Bruxelles, au colloque « Quand les Jeunes s’en Mêlent » (n.d.l.r. le 6 mai 2006 au Palais des Beaux-Arts) mais tu n’as rien dit de toute l’après midi.

Que veux-tu que je raconte dans un tel contexte ? On a voulu que je joue le rôle du psychologue Philippe Béague. Et je dis : « Vous voulez m’utiliser dans un truc où c’est pas mon truc. » Béague, lui, a un savoir. Je le connais bien, c’est un ami. Si je veux aller quelque part et qu’il me faut un discours un peu plus malin que le mien, je lui téléphone. Je lui dis : « Ecoute, viens parce que, tu connais bien mon travail et tu l’entendras mieux que moi en termes de savoir. » Moi je veux bien parler de mes trucs, tout mon enthousiasme et des trucs comme ça mais… Il a vraiment un discours…

Je trouve bien que cette émission existe mais je me dis également : ils sont très cadrant… David Lallemand et sa comparse… C’est le doigt pointé : « Vous les jeunes ! » Derrière, ils travaillent avec les jeunes mais les enferment dans une case. Ce n’est pas les jeunes et les adultes. C’est les jeunes seuls.

Le choix également, le casting. Ils prennent les meilleurs. Ils choisissent les interlocuteurs, ceux qui répondent bien. David Lallemand m’avait téléphoné un jour pour me demander de remplacer une ou deux fois Philippe Béague qui était malade… Je réponds : « Mais écoute, est-ce que tu te rends compte que tu me demandes d’intervenir en fin de parcours pour dire : « Voilà ce que ça signifie, etc. » Je n’y comprends rien, je n’y connais rien… » Je ne veux pas faire ça. Je veux bien faire une émission mais alors, selon mon approche : en me gourant, en me trompant, en rigolant. Mais pas de cette façon parce que ces choses sont très préparées. C’est très structuré.

Ca fait penser à un dispositif scolaire…

Tu n’es pas le premier à me dire ce genre de chose.

Je trouvais lors de ce colloque que la rencontre jeunes/hommes politiques était un fiasco. C’était le discours des politiques : « Ah ben oui, j’ai découvert que les jeunes ont quand même une belle énergie, qu’ils ont de l’envie, qu’ils font des choses… » Et le jeune de répondre : « Ah oui, j’ai découvert que les hommes politiques étaient des gens très occupés. » Qu’apprendre d’une démocratie au travers de cette rencontre ? Que les hommes politiques sont fort occupés ?

Il y a tout ces mots (« la belle énergie », « le respect »,…) que les hommes politiques utilisent pour notamment définir le « bon jeune. » Dans les médias, cette image-là est répandue.

Oui. Tout à fait.

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