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L’Office National du Film du Canada (ONF) a depuis un peu plus d’un an décidé de proposer en ligne une partie de ses collections. L’occasion de visionner en très bonne qualité plusieurs centaines de films dont notamment la trilogie de Pierre Perrault sur l’Ile-aux-Coudres, trois oeuvres fondatrices du cinéma moderne où la caméra pénétrait enfin au coeur de la vie, donnant la parole à ceux qui ne l’avaient pas jusqu’alors.

En parallèle, Radio Canada a programmé il y a un an quatre émissions radio pour les 10 ans de la mort de Perrault, lui-même grand homme de radio sur la première chaîne avant de se lancer dans le cinéma... Ces quatres programmes d’environ une demi heure chacuns offrent à éclairer l’homme sous ses diverses coutures. (cinéma, poésie, radio, vie) Ils sont complétés par une émission rare du 30 janvier 1965 réalisée par Perrault dans le cadre de « J’habite une ville », une série de portraits où il part à la rencontre des habitants de Montréal.

Par ailleurs sur notre site (voir plus bas), vous trouverez quelques notes et réflexions sur la place essentielle de Perrault dans un cinéma oeuvrant pour une culture populaire, l’éloquence de ces pêcheurs insulaires fabriquant leur mémoire collective au travers des gestes les plus quotidiens.

Résumé : 1962. Les habitants de l’Île-aux-Coudres, dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent, renouent avec la pêche au marsouin comme ils la pratiquaient plus de trente ans auparavant. Invités à revivre ce qui fut, dans le présent du tournage, ils incarnent leur propre légende, scellant les retrouvailles avec eux-mêmes. Ce instant essentiel du cinéma documentaire moderne marqua par ailleurs un moment tout aussi important de la prise de conscience de l’histoire collective du Québec.

1963, 16 mm, Noir & Blanc, 105’, Canada Image : Michel Brault, Bernard Gosselin Son : Marcel Carrière Montage : Werner Nold


Le règne du jour (1967, 118’) et Les voitures d’eau (1968, 110’) complètent cette trilogie mais d’autres films de Perrault sont également disponibles intégralement. L’index général de l’ONF est accessible sur leur site ici.

Par ailleurs sur le site

08 - Patrick Leboutte : « Pour la suite du monde » de Pierre Perrault
par Emmanuel Massart

Cette écoute des cinéastes pour la parole collective en circulation et non spécifiquement pour l’anecdote de la chasse élève Pour la suite du monde vers une chanson de gestes de tous les jours, ne laissant rien du quotidien des mots, des jeux et du travail. Le film ne choisit pas son sujet délimité contre ceux qui l’incarnent. Cette forme collective devient le cœur vivant de l’oeuvre, comme le dit Comolli. Le film existe et pourra être donné à ceux qui suivront, habitants et cinéastes, et tous pourront y retrouver le geste universel de la transmission.

Sur le cinéma de Pierre Perrault
par Patrick Leboutte

Qu’il s’agisse en effet d’organiser la vie de la collectivité ou de nourrir les films du cinéaste de l’intérieur, toujours la parole est première. Elle est ce qui pousse au désir, invite à fabuler et donne des idées. Reconstituer l’ancienne pêche au marsouin, construire une voiture d’eau suivant les règles de la tradition ou même tuer le cochon, il n’est ainsi aucune manière de faire qui ne procède d’abord d’une façon de dire, aucune action qui ne soit préalablement discutée, débattue, poussée par une pensée commune où chacun selon son registre apporte sa contribution.

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