Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

(pointeur vers le haut pour revenir à la page)

Accueil du site / Geste quotidien / Quartier de Hodimont : journal de travail / Arpenter Hodimont / La frontière - Le Thier de Hodimont

Autres articles dans cette rubrique

Carte du quartier

Contact

  • Le CAP
    rue de la chapelle, 45
    4800 Verviers
    cap-amo@skynet.be
    Tél. : 087 33 33 88
    Demander Anne ou Manu

Recherche

Cardijn (cité), Chapelle (rue de la), Fanchamps (rue Pierre), Hodimont (thier de), Montagne de l’invasion

Nous reprenons notre marche sur les bords du quartier, toujours avec l’enregistreur son et la caméra, Pierre-Nicolas et moi. Nous ouvrons cet après-midi par la rue Fanchamps qui quelques dizaines de mètres plus loin, devient le Thier de Hodimont (« Thier » signifie versant de colline en wallon) qui grimpe jusqu’à dépasser l’autoroute qui la croise. Quelque part ici se situe une frontière avec Petit-Rechain. Ce pourrait être l’autoroute…

Un peu avant le tournant (appelé tournant Renault ou tournant de la centrale électrique) Nous rencontrons Elisabeth, une habitante de la cité Cardijn, premières habitations hors de Hodimont par ce chemin. Une cité sans histoires de petites maisons de briques où on se salue poliment, sans plus. Tout comme Carine, elle a connu l’ancien et le nouveau de Hodimont. Elle descend régulièrement le Thier pour traverser Hodimont et rejoindre le centre.

Elle ne considère pas Hodimont comme un quartier, mais plutôt comme une masse d’individus. Ce ne sont pas des lieux mais des gens étrangers regroupés. Elle aime acheter ses fruits et légumes dans une épicerie de la rue de Hodimont mais sinon, elle presse le pas pour atteindre la Vesdre. Elle ne situe pas non plus le début du quartier qu’elle précise à l’entrée de la rue de Hodimont. « Là-bas », dit-elle, en pointant le bas de la route, derrière l’autoroute.

Nous repérons que les bas-côtés de la route sont bien verts mais la grand-route ne donne pas trop envie de se promener par ici. Un sentier prend le chemin de Dison. Un autre redescend vers Hodimont, rue de la Chapelle. Elisabeth ajoute que plus haut, un carrefour important mène vers Lambermont et Dison mais qu’il n’est pas fait mention de Hodimont.

Nous redescendons par le sentier avant de prendre Montagne de l’Invasion. Quelques percées depuis la route mènent d’un côté à un jardin surplombant le rond-point, de l’autre à quelques maisons en venelle. Nous jetons un œil. Personne n’est dehors. Devant une maison, deux chaises et une table de jardin invitent le passant à s’arrêter. Un geste de bienvenue que nous laissons derrière nous.

Nous arrivons après le tournant à hauteur d’un ancien cimetière où à l’intérieur, un monument aux morts de la première guerre mondiale est érigé par ce qui était alors la commune de Hodimont. Le cimetière est aujourd’hui désaffecté et les sépultures en partie brisées. Un banc, tout en bas, est tourné vers le quartier en contrebas. C’est un fameux point de vue même si les maisons proches ne permettent pas de voir loin. L’endroit est désert, à la fois sauvage et entretenu.

C’est un nouvel exemple d’un lieu du passé de Hodimont qui demeure figé, sans présent. Le cimetière n’est plus cimetière mais il n’est rien d’autre, si ce n’est une pancarte d’enfant qui rebaptise l’endroit « Jardin des souvenirs. »

A la sortie, nous tombons sur Lionel, un jeune gars au regard un peu fatigué : il sort de ses heures de stage en hôpital, commencées à 6h30. Il pense que le cimetière appartient à la ville de Dison. Lui-même habite un peu plus haut. Il nous explique que les chemins s’y recroisent, qu’on ne sort pas comme on veut du pâté de maisons. Il finit par nous proposer de monter dans sa voiture et d’aller voir pratiquement.

Il nous emmène dans le bout de Dison contigu à Hodimont. Les maisons sont reconnaissables : allées de briques rouges sans âme. Lionel différencie ces maisons qui ne forment rien d’un lieu de vie de Hodimont et de la vie de quartier qui l’anime. Nous nous arrêtons sur le parking de l’école de promotion sociale, avenue Jardin Ecole. Hodimont est là, sous nos yeux. Notre guide parle de l’école, des copains du quartier qui fréquentaient également l’école et qu’il visitait de temps à autre.

Connaître des gens de Hodimont permet de passer de la masse d’Elisabeth à des individus, qui prennent le soin d’accueillir, de ne pas parler arabe pour le visiteur qui ne partage pas la langue. Plus, Lionel ne peut nous dire. Il fouille son carnet d’adresses et nous remet une adresse rue des fabriques. Un ami que nous pouvons rencontrer de sa part. Nous irons y voir.

Il y a une semaine Mustapha nous emportait au sein du quartier, traversant rue de Hodimont et rue de Dison. Une semaine plus tard, Lionel nous conduit vers le dehors et Dison. L’essentiel, c’est que des gens nous emmènent dans un bout de leur vie. C’est comme ça que les histoires peu à peu se racontent.

Précédent

Arpenter Hodimont - Pierre-Nicolas et Manu

Suivant

 

Hodimont par ses rues

Répondre à cet article