Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Bosquet (rue du), Enseignement (rue de l’), Hautes Mezelles (escalier des), Mont Cenis , Paradis (rue du), Parotte (pont)

Nos idées se précisent de sortie en sortie. Sans définir ce qu’est le quartier de Hodimont – il ne doit pas y avoir une définition unique -, nous précisons des lieux, des personnes qui racontent quelque chose de ces lieux jusqu’à incarner une part de ceux-ci. Des petites choses comme des bonjours montrent que Hodimont nous fait signe, que nous sommes toujours bienvenus et c’est d’ailleurs une caractéristique quand nous quittons ces lieux… Nous perdons quelque chose de cet accueil simple et posé.

Le travail des frontières est presque terminé. Nous sommes toujours sur la crête à l’Est de la rue de Dison. Nous sommes même revenus sur nos pas, devant une difficulté à raconter quelque chose de la rue du paradis, de la rue du bosquet, de la rue des prairies, etc.

Nous franchissons un seuil lorsque rue des fabriques, nous prenons à la perpendiculaire un escalier bordé de maisons… Mont Cenis, nous indique un homme d’Electrabel, sortant sa carte des câblages du coin. Plusieurs maisons sont à vendre. Un habitant rue du bosquet nous indique que, Mont Cenis, la neige a fait des dégâts l’hiver dernier. D’autres que des personnes précaires résident là.

En haut de l’escalier, nous prenons la rue de l’Enseignement, tombons sur l’école du Nord, point de référence pour certains dans les alentours. La concierge ne peut pas nous dire pourquoi ce nom d’école du Nord. Cela fait 7 ans qu’elle est ici. Elle indique une prochaine réunion pour la fête des voisins, traditionnel lieu de rendez-vous convivial et collectif au mois de juin. Nous nous saluons.

Rue du Bosquet, qui est en fait une impasse, nous tentons de rencontrer le propriétaire du fond de la rue, sans succès. Nous cherchons un point de vue vers le bas de Hodimont, et peut-être derrière cette grille, le regard s’ouvre sur l’horizon. Nous reviendrons. Comme nous reviendrons peut-être rencontrer cette famille turque - logeant plus haut dans la rue - qui cultive devant chez elle des vignes, pas encore récoltées fait remarquer Pierre-Nicolas.

Nous arpentons de nouveau rue du Paradis, qui semble un nœud. Axe central de l’endroit, elle est à cheval entre Verviers et Dison. C’est une longue ligne droite où nous pensions trouver un peu de calme pour ses habitants, ses enfants,… Mais devant nos yeux, une voiture passe en trombe à moitié sur le trottoir. Une habitante soupire et se désole de ne pas voir d’endroit pour ses filles jouer. Comme d’autres, ces dernières occupent la rue l’été, provoquant l’agacement de voisins ou le klaxon de voitures un peu pressées. « Si je pouvais, je partirais. »

Nous quittons la rue du paradis pour descendre l’escalier des Hautes-Mezelles. Nous avons l’intuition qu’avec cette descente vers la rue Spintay, nous allons pouvoir déceler une limite possible entre Hodimont et cet espace du haut. Ce serait presque un porte-à-porte à réaliser : demander aux gens s’ils descendent ou s’ils montent, s’ils revendiquent quelque chose de l’espace immédiat (« Nous sommes des Mezelles ») ou s’ils se situent de manière plus large dans une idée de la ville, de Verviers.

C’est le retour du travail à cette heure et l’escalier est fort fréquenté pour ceux qui remontent vers Dison. Un cheminot désabusé nous montre la ville – un panorama sublime nous fait face avec le centre et Heusy derrière – pour hausser de suite les épaules : « Ici, il n’y a rien. Il faut aller à Liège ou Bruxelles. » Caramba, encore raté ! Nous repérons une maison au toit de chaume, apostrophons un habitant qui referme tout aussi vite sa porte.

En jetant un œil sur les bords de la colline, devant la lignée de maisons tournées vers la ville, nous repérons plusieurs espaces en jachère, des lieux vides, parfois devenus jardins pour le bonheur de l’un ou l’autre. A mi-hauteur de la colline, une dalle de béton témoigne d’un ancien belvédère rasé pour la cause. Plus bas, nous tombons sur deux habitants : Robert et Murièle.

Une discussion à quatre s’engage. Ils parlent de là où ils sont, de la vue, de Hodimont dont ils ne font pas absolument partie mais dont ils finissent par reconnaître une proximité, quelque chose qui les lierait peut-être, sans savoir très bien quoi. Nous parlons de l’espace rongé par les herbes folles devant chez eux. « On pourrait en faire quelque chose », lâche Murièle. Ils aimeraient faire un jardin là, comme le Turc ou l’Italien à côté. Ils ne savent pas à qui appartient le terrain, comment s’y prendre.

Nous sentons un désir, fugace peut-être, mais l’espace est tellement désolé que même une poignée de coups de pelle ne pourraient pas faire pire. Nous notons un lieu supplémentaire sur notre carte. Une proposition d’habitants pour fabriquer du lien via un jardin, une manière de faire société. Grâce à cette nouvelle rencontre, nous avons une fois de plus alimenté le foyer de nos réflexions. On rentre au CAP par les quais, rue Saucy. On découvre le quartier des restaurants qui commence peut-être avec un magasin de vins, juste après le pont Parotte. La nuit est tombée. Les voitures filent à toute allure.

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