Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Accueil du site / Geste quotidien / Quartier de Hodimont : journal de travail / Des portraits de Hodimont / Trajet/Rencontres : 23 mars 2011
Dison (rue de), Fabriques (rue des), Foxhalles (rue des), Limite (rue de la), Messieurs (rue des)

Rue des Foxhalles. Au numéro 11 un homme est assis, une canette en main sur le seuil de la porte, un petit garçon de 7 ans à côté de lui. Il chantonne des chansons de maternelle. À ses côtés, un adulte debout, bon enfant, l’accompagne. Me voyant passer, il me propose de venir chanter avec eux. Je traverse et entame la conversation avec eux.

Une fois de plus, une ou l’autre question suffit pour que ces personnes parlent de leur vie. Un autre homme arrive dans l’entre-porte et poursuit la discussion autour de la scolarité du « petit », qui a 7 ans mais qui est maintenu en 3ème maternelle, un enfant hyperactif…et de son institutrice qui fait vraiment du bon travail avec lui. Et puis viennent quelques questions sur le service dans lequel je travaille et sur le projet HVO. Mes réponses les intéressent fort peu.

L’homme debout dans l’entre-porte me parle du quartier dans lequel il vit depuis 40 ans, les commerces de la rue qui ont disparu, le peu de familles belges qui vivent encore dans le quartier (dans la rue, seules sont encore présentes 3 familles d’origine belge). Une femme sort de la maison, la mère du petit garçon. Elle me parle aussi de ce quartier qui a bien changé, de l’irrespect et des moqueries des enfants du quartier vis-à-vis de sa famille. Elle ne vit plus à cette adresse, mais c’est dans cette maison et dans ce quartier qu’elle a grandi, elle y est profondément attachée et y revient quotidiennement.

C’est dans cette maison que son gamin vit avec ses grands-parents. Elle raconte aussi son parcours difficile dans la drogue, les 6 années qu’elle a passé en prison,…Le projet HVO l’intéresse, elle trouve ça important que les gens puissent parler et être entendu à propos de leur quotidien. Elle accepte que je prenne une photo d’elle et de son gamin…

Au coin de la rue des Fabriques et de la rue de la Limite, sur le terrain de jeux, une dizaine d’enfants s’amusent sous le regard de 2 dames assises, entourées de quelques petits. Je m’adresse à elles mais elles comprennent très peu le français. Elles parlent russe ou tchétchène. Une des 2 fait appel à sa fille de 9 ans pour traduire. Alors j’explique un peu le projet, la petite traduit et la maman accepte que je prenne ses enfants en photo. Elle m’indique du doigt où elle vit pour que je puisse la tenir au courant de l’expo…

Rue de Dison, devant la boucherie, 2 jeunes adultes sont assis sur des chaises hautes. Ils viennent du Maroc et sont en Belgique depuis 6 mois. La première chose qui leur vient à l’esprit quand on parle du quartier, c’est le chômage. Les gens ne font rien dans ce quartier et passent leur journée dans le café. Un des jeunes est le frère du parton de la boucherie.

Il est venu en Belgique pour travailler avec son frère (une boucherie à Verviers, une autre à Aachen, une autre encore ailleurs). Le patron ayant aperçu notre discussion sort une minute et est d’accord de prendre part au projet, il a aussi des choses à dire sur ce quartier… Je peux revenir le retrouver quand je veux…

Rue des Messieurs, un groupe d’enfants jouent dans le parking de l’ancien Central Cash. Je prends quelques clichés de loin.

Mais une petite fille me voit, accourt vers moi et me demande de la prendre en photo de près. Je lui explique qu’il me faudrait l’accord de ses parents. Ni une ni deux, elle m’emmène vers sa grand-mère assise sur une chaise sur le seuil de sa maison, un peu plus loin dans la rue. Un bébé dans les bras. Elle m’explique qu’elle traduira pour sa grand-mère, roumaine, parlant mal le français. J’explique le projet à la grand-mère qui accepte l’idée des photos.

De l’intérieur arrivent alors le grand-père, la belle-fille et les petites sœurs…Tout ce petit monde veut poser et avoir les photos en retour…Après la séance de clichés, la grand-mère m’invite à entrer (moi qui étais déjà entre dehors et dedans) et ferme derrière moi la porte (laissée jusqu’ici grande ouverte).

Et là, la grand-mère me parle des difficultés rencontrées par sa famille. Famille sans papier (en Belgique depuis 8 ans) et donc sans ressource financière. Pas de travail. Difficulté pour nourrir les enfants et pour acheter les médicaments nécessaires…Les colis alimentaires et les dons d’Eglise, ils connaissent et en bénéficient déjà. Mais la vie ici reste malgré tout plus facile qu’en Roumanie…

Ils attendent avec impatience une impression de leurs clichés !

Hodimont par ses rues

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