Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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ROBERT

J’ai deux passions pour lesquelles mes mains sont bien utiles : mon PC car je suis passionné de photos et je les développe sur le PC. Le modélisme ensuite : le plaisir de construire des bateaux, hélicoptères, sous-marins miniatures. C’est une passion depuis une trentaine d’année.

Comme les Italiens, mes mains servent également à m’exprimer en parlant. Les ministres le font aussi : faire des gestes qui correspondent à la conversation.

Mes mains servent à aider ma femme dans les tâches ménagères, la vaisselle, nettoyer. Et bien sûr, elles servent aux caresses, je n’envisage pas de faire l’amour avec ma femme sans mes mains… Avant de nous endormir, nous mettons la petite lampe et ça fait un reflet au plafond. Nous faisons alors des ombres chinoises avec les doigts. On fait des petites formes, des animaux, des petites choses qui ne ressemblent à rien. On s’entrelace les mains.

Quand on se promène, une chose importante - la première chose ! -, on se tient la main. Pour aller faire les courses, pour aller boire un verre, pour aller se promener. On fait tout à deux.

SMUZER

Une recette de friandises typiquement turque. Des noix semi-séchées sont enfilées sur un long fil en coton pour obtenir des « colliers » de noix de plus d’un mètre. Dans une casserole d’eau, faites cuire les raisins avec la farine et le sucre de canne. Mélangez bien pour éviter les grumeaux. Trempez ensuite ces colliers de noix dans la mixture devenue un peu épaisse, et laissez égoutter quelques minutes. Les noix sont ainsi enrobées d’une « gélatine » aux raisins. Laissez sécher ces colliers dans un endroit sec et chaud pendant 8 à 15 jours. Ces friandises sont conservées dans des boîtes ou au frigo. Attention aux petites bêtes qui les apprécient aussi beaucoup !

Mes mains ont beaucoup cuisiné : elles ont fait du pain, de la pizza, la hamazoun (pizza fromage), des tas de plats turcs, des friandises aussi. Mais elles ont aussi travaillé la terre. Depuis 30 ans, je cultive une petite parcelle de terre derrière le Musée de la laine, on y trouve du persil, des tomates, des concombres, du raisin délicieux,…

ROGER

Mes mains à moi racontent le travail. J’ai beaucoup travaillé avec les mains. J’ai commencé à travailler à 18 ans. Chez moi, au Congo, j’ai été un opérateur de tracteur, j’ai travaillé à la banque, j’ai travaillé dans une société comme conseiller financier, j’ai travaillé à l’asphalte, à couvrir les routes. J’ai participé à la construction du barrage de Strépy à La Louvière.

JULIEN

Mes mains m’ont servi à travailler surtout et à caresser des jolies filles !! J’étais soudeur. Mes mains ont beaucoup travaillé, depuis mes 18 ans. J’ai travaillé dans différentes usines. Et puis après, j’ai travaillé dans le bois avec mon père. Je suis parti à l’étranger pour travailler en Allemagne, en Hollande, en Espagne, en Italie, …J’ai toujours travaillé, je n’ai jamais connu le chômage.

Maintenant que je suis pensionné, elles me servent surtout à jouer à des jeux de société, aux cartes. Mes mains ne trichent pas, elles ne disent que la vérité.

Je suis fier de mes mains qui n’ont frappé personne.

NADIA

Mes mains, jusqu’à présent, n’ont pas beaucoup vécu vu que je viens de terminer mes études en tourisme. J’espère dans l’avenir m’en servir pour voyager ou pour faire découvrir à d’autres des villes, des pays, pour organiser des voyages,…

LOUIS

Je suis né en 1939. Et mes mains, pendant la guerre, ont tremblé de peur et de froid. On n’avait pas suffisamment pour se chauffer. On allait chercher d’ailleurs les boulets de charbon chez les pères de Don Bosco et mes mains ont aidé ma mère à pousser le chariot pour remonter le Thier de Hodimont. A l’école, comme on savait qu’il n’y avait presque pas de chauffage à la maison, les professeurs me mettaient dans le fond de la classe, près du poêle. Parfois, quand j’arrivais à l’école en hiver, il me fallait une demi-heure avant de pouvoir écrire, mes mains étaient réellement paralysées par le froid.

Moi qui ai vécu cette pauvreté, j’ai voulu aider à combattre cette misère que l’on ne désire jamais. Je me suis dit qu’il y avait un travail à faire. On s’est d’abord battus avec des jeunes du quartier pour avoir un terrain pour les enfants, ainsi que des animateurs et des activités.

Et puis, les enfants grandissant, quelques années plus tard, on a cherché à ouvrir une maison de jeunes. Et chaque fois, pour aménager ces lieux, les mains ont été mises à contribution. Je me souviens d’une énorme poutrelle qu’on a dû monter presque à 10 personnes. Toutes ces mains, forcément, étaient liées. Ca les attache à l’idée de solidarité.

Un moment de ma vie où j’ai eu un grand plaisir de mes mains, c’est quand j’ai appris l’ébénisterie, le modelage sur bois, et ces mains-là devaient toujours se compléter l’une l’autre. C’est une union nécessaire.

Mes mains, je les ai beaucoup utilisées pour conduire. Mon travail me menait dans des coins parfois très retirés où je rencontrais des familles. Donc, ces mains m’ont conduit vers ces rencontres.

Dans la famille, mes mains ont accueillis ma femme et mes enfants, elles ont pu leur donner un peu de tendresse.

Hodimont par ses rues

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