Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Wild is the wind

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Accueil du site // Wild is the wind // 05 Few words over Soknai

Version française plus bas.

Soknai. His name is Soknai and this is probably the first thing he shared the first morning, before we left to the temples of Angkor, a few minutes in the North of Siem Reap. Those temples are buried in the forest as a jewel in a box.

Soknai means in Khmer : happy. While I ask once more his name, he points out the side of his tuk-tuk ... An inscription in yellow on the blue of the vehicle, followed by a number « 10 », a bit mysterious. Perhaps, he is football fan during his free time ?

Except there is never free time : when he is not tuk-tuk driver because there is no client, he is waiter and probably more other things I don’t know.

He has the peaceful face of a patient man, discreet, no doubt, and initially, I thought this was a common cambodian character. Showing the slightest interest, he will answer with a smile, his eyes turned down to the ground. When he is confused, his eyes flutter like leaves of a windswept tree.

When I proposed him to answer the question : « What are your dreams ? » and record it, the wind rose suddenly and I didn’t manage to decipher the color of the clouds in the way he refused.

Perhaps, it was the fear of being stuck on the web, with a word not accurate ? He finally confessed that his English was too weak. With the headphones on his ears, he heard Judith from Brussels and smiled : « It’s the same for me ! »

The classy houses in the neighborhood kept their windows closed. Showing them with a finger, Soknai adds that their dimension don’t fit the one he is building now, between two taxi rides. A fine line runs along the edge of tired eyes, discreet, no doubt.

He prays at the pagoda of Angkor Wat, probably not far from his home village, but today it is forbidden for these people to build new homes there. For tourists, you have to live elsewhere.

Soknai gets up, puts his helmet on, turns back for one last picture and leaves along the river to finally disappear in the traffic.

Good luck.

Soknai. Son nom est Soknai et c’est probablement la première chose qu’il a partagé ce matin-là avant de nous mener aux temples d’Angkor, à quelques minutes au Nord de Siem Reap ; ces vestiges enfoncés dans la forêt comme un joyau dans sa boite.

Soknai signifie en Khmer : joyeux. Alors que je lui redemande son nom, il indique du doigt le flanc de son tuk-tuk... Une inscription en jaune sur le bleu du véhicule, suivi d’un numéro 10 un peu mystérieux. Peut-être est-il amateur de football à ses heures perdues ?

Sauf qu’il n’y a jamais d’heure perdue : quand ce n’est pas le tuk-tuk parce que le client manque, il est serveur dans un café et sans doute d’autres choses encore que je ne sais pas.

Il a le visage paisible de l’homme patient, discret sans doute et d’abord, j’y ai vu une vertu khmère partagée. D’une attention même minime, il répondra par un sourire et les yeux tournés vers le sol. Quand le trouble est plus grand encore, ses yeux palpitent comme les feuilles d’un arbre battu par le vent. Léger

Quand je lui ai proposé de répondre à la question : « Quels sont vos rêves ? » et d’en garder une trace, le vent s’est levé soudainement et je n’ai pas compris à la couleur des nuages la teneur du refus.

Peut-être était-ce la peur de se retrouver sur la tentacule du web, la peur d’un mot mal pesé ? Il a finalement avoué que son anglais n’était pas suffisant. Avec le casque sur ses oreilles, il a entendu Judith de Bruxelles et a souri. « It’s the same for me ! »

Les maisons hautes du voisinage ont gardé leurs fenêtres closes. Montrant celles-ci du doigt, Soknai ajoute d’un souffle que la maison qu’il construit entre deux courses ne pourra pas avoir les mêmes dimensions. Une fine ligne de fatigue parcourt le bord des yeux, discrète sans doute.

Il prie à la pagode de Angkor Wat, pas loin sans doute de son village familial mais aujourd’hui, il est interdit à ces habitants de construire de nouvelles maisons. Pour les touristes, il faut vivre ailleurs.

Soknai se lève, met son casque, se retourne pour une dernière photo et s’éloigne le long de la rivière, jusqu’à disparaître dans le trafic.

Bonne chance.

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