Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Accueil du site / L’association / Archives / divers / Images au poing - Pour Cockerill (27 mars 2003) / 01 - Ouverture du débat

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Jusqu’à présent, nous avons vu deux films qui datent tous les deux des années 70 : un film ouvrier militant et un film tout aussi militant mais de deux jeunes cinéastes qui interrogent la parole ouvrière et l’utopie révolutionnaire.

En même temps, nous sommes aujourd’hui à Liège face à une crise grave - la suppression de la chaîne à chaud de Cockerill - avec toutes les conséquences inévitables sur l’avenir de l’usine, de Seraing et de toute la région. Une crise après d’autres mais avec des paramètres nouveaux. Tout d’abord, le fait que les décisions prises aujourd’hui le sont par un conseil d’administration d’une multinationale lointaine. Ensuite, le fait que depuis 20 ans, le néo-libéralisme domine idéologiquement toute la politique mondiale pendant que le monde politique laisse faire.

On assiste aussi au silence fataliste de tous ceux qui acceptent. Plus que jamais, se fait ressentir l’urgence d’entendre un autre discours, d’entendre la parole ouvrière, d’entendre un autre point de vue que le point de vue dominant. Le cinéma a été par le passé et encore aujourd’hui, est un moyen d’exprimer et de faire entendre cet autre point de vue. Le point de vue dominant aujourd’hui est celui des médias. Pour permettre une alternative, il faut nécessairement des conditions de production étrangères aux médias dominants.

Le film ouvrier que vous avez vu, a été produit par une société coopérative - Slon - la société de lancement des œuvres nouvelles fondée entre autres par Chris Marker. Le film des Frères Dardenne a été produit par un collectif subventionné - Dérives - donc, des conditions qui ne sont pas celles des médias dominants. A quelle condition une nouvelle parole peut-elle se faire entendre ? Les moyens techniques de production sont aujourd’hui très accessibles, la DV par exemple.

Mais qui les utilise ? La classe ouvrière y a-t-elle recours ? Des groupes Medevdkine sont-ils encore possibles aujourd’hui ? Il me semble en tous les cas qu’ils sont nécessaires. Il suffirait peut-être de prendre le cinéma et la vidéo et de montrer avec eux quelque chose. Simplement montrer suffirait.

Le nouveau contexte économique global nous oblige à repenser les luttes sociales, nous oblige à mener de nouveaux combats avec de nouveaux moyens. En 1960, un discours d’André Renard sur la Place Saint-Lambert pouvait paralyser la Belgique tout entière. Et aujourd’hui ? Que pensent les dirigeants d’Arcelor des discours syndicaux qui ont été tenus Place Saint-Lambert le 12 mars ? (Discours tenus dans le cadre d’une manifestation ayant réuni plusieurs milliers d’ouvriers et de sympathisants de Cockerill n.d.l.r.) Les ont-ils seulement entendus ? Voilà toutes les questions qui se posent.

Marc-Emmanuel Mélon

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