Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Accueil du site / L’association / Archives / divers / Images au poing - Pour Cockerill (27 mars 2003) / 06 - Réactions de la salle (II)

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(Ouvrier de Cockerill) - J’ai peut-être une réponse à cette question : où est passée la résistance ? Je suis travailleur à Cockerill depuis les années 70. Il faut savoir que lors de la fusion entre Cockerill-Liège et le triangle de Charleroi, nous étions 45.000. Depuis, nous avons subi une bonne dizaine de restructurations jusqu’à arriver aujourd’hui à un nombre de plus ou moins 7000 pour les deux bassins.

Notre résistance fatalement, s’essouffle. On a trouvé des palliatifs pour fermer notre gueule au niveau de l’entreprise, comme les prépensions. Les syndicats à ce sujet sont totalement impuissants puisqu’ils ne sont pas preneurs ni demandeurs mais tous les affiliés le sont. Le mouvement s’essouffle et c’est là que vous avez peut-être un rôle à jouer pour redynamiser cette situation.

(Patrick Leboutte) - A propos de la première personne qui a parlé, rappelant qu’avec 8, 9 heures d’usine derrière soi, on ne peut pas tenir une caméra, je comprends. Nous ne sommes pas naïfs au point de ne pas savoir que le travail en usine est difficile. Je voudrais d’abord simplement dire que notre proposition n’a rien d’une obligation et ensuite dire que des gens l’ont fait.

Les films que vous avez vus ont été tournés les week-ends ou après la journée, après 9 heures de travail à la chaîne. L’intérêt est de faire d’autres images que celles faites aujourd’hui puisque celles-ci ne vous aident pas. Les images que l’on voit au cinéma ou à la télévision n’ont pas fait avancer votre cause, n’ont pas rassemblé 100.000 personnes autour de votre cause.

Est-ce que tout le monde sait ce que l’on va perdre avec la disparition programmée de la classe ouvrière ? Ce ne sont pas simplement des métiers, du tissu industriel, c’est beaucoup plus que cela. Une histoire, une culture, une vision du monde, un type de relation humaine. Et tout cela doit être filmé. Nous voulons être modestes. Nous ne sommes pas des hommes politiques ayant une solution pour Cockerill. Ce n’est pas pour ça que nous n’allons rien faire.

Nous avons un outil : nous allons le mettre à disposition. C’est tout. Si chacun essaie de faire quelque chose là où il est, cela va faire changer un peu le bazar. Nous ne venons pas donner des leçons. Nous venons simplement dire : au moins, on vient et on a une petite idée. Et cette idée a déjà été réalisée une fois.

Je terminerai en disant : au moins, on vient. Il y a des gens qui viennent de Bruxelles pour vous rencontrer parce qu’ils sont concernés. On dit toujours en Belgique : les Bruxellois ne se déplacent jamais en Wallonie. Il y en a 15 dans la salle, tous cinéastes. Ca n’arrive pas tous les jours. Parce que cela les a touchés, ce qui se passe alors que ce n’est même pas leur paysage.

Moi, c’est le mien, j’habite à Liège mais eux, ce n’est pas le leur. Ils viennent quand même. Une chose qui me stupéfie est que les organisateurs de la soirée avaient invité des délégués syndicaux mais ceux-ci ne sont pas là : pourquoi ? Nous sommes venus avec de petites propositions mais nous sommes venus. Vous ne pouvez pas nous le reprocher.

Nous espérons modestement avec le peu que nous pouvons amener faire de petites choses avec certains d’entre-vous et faire avancer un peu les choses. Ne fut-ce qu’offrir les images qui vous manquent alors que tout passe par l’image aujourd’hui. Si à côté des images habituellement rencontrées, nous en avions d’autres qui nous feraient mieux voir et comprendre qui vous êtes, peut-être que l’on se sentirait plus proche de vous et peut-être que l’on serait plus proche dans la lutte aussi.

(Ouvrier de Ferbatil/Cockerill) - Bonjour, je suis travailleur chez Ferbatil, Cockerill-Sambre. Je dois vous dire : félicitations pour votre soutien. C’est vrai qu’en 82, vous n’étiez pas nés ou vous étiez trop jeunes. Alors, je vous encourage à faire l’histoire parce que l’histoire, c’est vous. Si vous ne faites pas l’histoire, nos enfants ne sauront pas ce qui s’est passé aujourd’hui.

Vous posez aussi la question : pourquoi cette histoire de silence ? Comme cela a été dit, nous ne sommes plus que 7000 et nous sommes face à une multinationale. Tout le monde est un peu au balcon de ce qui se passe chez le voisin. Le patron n’attend qu’une seule chose : 15 jours, trois semaines de grève. Ce n’est plus possible parce que votre travail est alors délocalisé ailleurs. Les batailles de 60, c’est terminé. Je veux bien me battre mais intelligemment, pas en allant tête au mur.

 IV Réactions de la salle (I)
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