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02 Plonger dans Bangkok
mardi, 6 août 2013
/ Emmanuel Massart

De l’aéroport jusqu’au milieu d’une ville, il y a cette antichambre du « pas encore » et du « déjà-là ». On se reconnaît entre voyageurs, pour la plupart étrangers comme nous, dans les escalators, à la réception des bagages, s’engouffrant dans un premier transport.

A Bangkok, la sky line, qui nous relie à la ville, porte bien son nom : le nouveau-venu domine la ville de fort haut, voyant au loin cet instant où les faubourgs laissent les gratte-ciels prendre leur envol et signaler qu’on arrive quelque part. De stations en stations, jusqu’au terminus, où il n’ y a plus qu’ à continuer autrement. A pied, et n’importe où, pour notre part.

Il s’agit d’une descente par palier : du sas de l’avion jusqu’ à la plate-forme d’arrivée. Puis deux étages encore jusqu’au métro. Et enfin, poignant pleinement dans le vivant de la cité via un escalier. C’est là que Bangkok commence.

Ce qui n’était qu’une sensation brouillée par les vitres du train devient odeurs, visages, et une autre voie de chemin de fer, au sol cette fois, nous suit comme un coup de couteau jusqu’au sein du traffic. Tout autour, des dizaines d’étalages, de fortune déjà.

Bientôt, la pluie, une pluie torrentielle, nous surprend. Un homme ouvre une porte et nous fait signe. On monte dans une voiture à l’arrêt. Il ne parle pas anglais. Nous ne parlons pas thaïlandais. Le seul bruit est cette pluie insatiable qui frappe vigoureusement le toit métallique. Ainsi commence un voyage : dans l’auto d’un inconnu. Je m’endors doucement, paisible.