Verviers : carte de Hodimont
Projet « Hodimont en V.O. » par Des Images et Le CAP

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Accueil du site / Geste cinématographique / Qu’est-ce que le cinéma ? / Séminaire IV / Jean-Louis Comolli et la valeur travail

Après avoir été notamment rédacteur en chef des « Cahiers du cinéma » entre 1966 et 1971, Jean-Louis Comolli a déplacé lentement sa réflexion et sa pratique vers l’émotion majeure de filmer mes contemporains en documentaire, c’est-à-dire dans leur fiction et pas seulement dans la mienne. C’est de cette expérience que je peux dater le désir de me demander quel cinéma m’arrivait. (« Voir et pouvoir », 2004, Verdier, P.27).

Il collabore actuellement aux revues TRAFIC, IMAGES DOCUMENTAIRES et enseigne à la Fémis et à Paris VIII. Son dernier film s’intitule « Les esprits de Koniambo [En terre Kanak] »

Patrick Leboutte et lui ont ouvert nos questions autour du geste cinématographique et de la position du spectateur qui s’y joue avec un thème fécond dans la réflexion de notre invité : filmer le travail. Comme à l’accoutumée, nous avons visionné des extraits afin de penser ensemble ces images du travail. Où le travail est avant tout travail du spectateur. Celui-ci est pris dans l’écoute de la parole et des gestes du travail avec pour conséquence la création d’un espace commun où la mémoire ouvrière se dépose.

Toutes les pages de la rubrique « Séminaire » sont des retranscriptions de prises de parole et non des textes écrits. Le séminaire Des Images est animé par Patrick Leboutte. Lorsqu’aucun nom n’est mentionné pour l’intervention dans le cadre de ce séminaire IV, Jean-Louis Comolli en est considéré comme l’auteur.

Articles de cette rubrique

  • 01 Jean-Louis Comolli - La place du spectateur en crise aujourd’hui

    Le 25 mai 2005 par Des Images
    La question de la place du spectateur me paraît importante. On peut imaginer le cinéma comme un champ de bataille et l’enjeu de cette bataille est le spectateur. Il s’agit de l’impliquer ou pas, de le transformer ou pas, de l’inciter à aller sur tel ou tel chemin de traverse ou pas (...)

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  • 02 Jean-Louis Comolli - Croyance et doute du spectateur de cinéma

    Le 25 mai 2005 par Des Images
    Si l’on va au cinéma, c’est que l’on a envie d’être leurré. On a envie que l’on nous raconte des histoires, on a envie de croire aux choses que l’on nous montre. Nous sommes dans un appel de croyance. Nous savons bien que nous sommes dans un système de représentation artificiel différent de nos expériences dans la vie de tous les jours mais tout de même nous allons y croire. Nous rentrons dans le jeu du film (...)

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  • 03 Jean-Louis Comolli - La fragilité du documentaire plus juste que la fiction

    Le 25 mai 2005 par Des Images
    C’est la grandeur du documentaire : l’autre a son mot à dire. Dans une fiction, il y a toujours un contrat et un avocat au cas où. Ceux qu’on filme ont autant de pouvoir que nous pour arrêter le film. Le film documentaire se gagne minute après minute, jour après jour contre sa propre mort. C’est un petit miracle (...)

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  • 04 Jean-Louis Comolli - Filmer le travail et non son spectacle

    Le 25 mai 2005 par Des Images
    Le cinéma naît littéralement comme sortie d’usine et non comme entrée d’usine. Les ouvriers étaient sous les ordres des Lumière bien sûr. Le sens de ce choix est que ces ouvriers et ouvrières sortent de l’usine pour aller au cinéma. Une caméra est là d’ailleurs pour les filmer. C’est emblématique du destin du travail au cinéma. Aller au cinéma, c’était échapper temporairement à la fatigue du travail, à l’oppression, à la vie quotidienne,... Le seul travail pris en charge par Hollywood est celui des comédiens (...)

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  • 05 Jean-Louis Comolli - Filmer le travail : « Wonder » ou « montrer, c’est cacher »

    Le 25 mai 2005 par Des Images
    le spectateur imagine à travers le peu de choses que dit cette femme est beaucoup plus forte que si nous avions pu filmer directement le travail. C’est une idée du cinéma : qu’est-ce que le spectateur peut construire à partir de ce qui lui est montré mais surtout à partir de ce qui ne lui est pas montré (...)

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  • 06 Jean-Louis Comolli - Filmer le travail : « Wonder », oppression et parole

    Le 25 mai 2005 par Des Images
    Dans le travail, il y a peu de discours ou de meetings. Dans l’histoire des luttes, un relais s’est établi entre le travail dans la soumission et la parole comme libération. Sortir ce qu’on a été obligé de tenir à l’intérieur. Butant devant ces portes réelles de l’usine, le documentaire hérite de cela et reprend pour la libérer la parole qui était empêchée, retenue, interdite au lieu et à l’heure (...)

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  • 07 Jean-Louis Comolli - Filmer le travail : du monde du travail au travail du jeu

    Le 25 mai 2005 par Des Images
    Chaque personne filmée sait qu’elle est dans un jeu. C’est une expérience du sujet où des enjeux apparaissent. Ces enjeux ne sont pas tout à fait les mêmes que dans les rapports sociaux. Le cinéma va libérer le temps du tournage les ouvriers de la chaîne ou même les sortir de la grève, en faire une fête (...)

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  • 08 Jean-Louis Comolli - Quelques femmes dans les révoltes ouvrières

    Le 25 mai 2005 par Des Images
    une femme au milieu des hommes. Une femme qui crie. Le film des Lumière et Classe de lutte sont pareils à ce niveau : ce sont des femmes. Elles sont prises dans un double conflit : face aux patrons d’une part et face aux hommes d’autre part. Des grèves ont souvent été conduites durant plusieurs mois grâce à la pugnacité des femmes (...)

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  • 09 Jean-Louis Comolli - Filmer le travail : l’ouvrier comme collectif et parole écoutée

    Le 25 mai 2005 par Des Images
    Le cinéma documentaire est un des rares à hériter de cette mémoire ouvrière qui ne se dépose plus que dans des films ou presque. C’est un peu caricatural mais c’est quand même comme cela que ça se passe (...)

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  • 10 Jean-Louis Comolli - Filmer le travail : cinéma et télévision

    Le 25 mai 2005 par Des Images
    C’est une question et un éclairage que je vous demande : on parle du monde ouvrier au cinéma mais à la télévision, j’ai été frappé récemment par une grève chez Splintex à Charleroi qui a duré longtemps et dans ce cadre, la présence ou non de la caméra (...)

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  • 11 Jean-Louis Comolli - Sur la parole filmée d’une femme de ménage. La double adresse.

    Le 25 mai 2005 par Des Images
    Nous ne sommes pas à la place de la psychothérapeute. Mais pourtant, nous y sommes aussi. Il y a une sorte de double place qui me questionne. Qui suis-je devant cette femme ? Est-ce qu’elle me parle à moi ? Oui, puisque c’est un film. Mais cette parole est de toute façon induite par la présence de la psy et ses questions. (...)

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  • 12 Jean-Louis Comolli - Sur la parole filmée d’une femme de ménage. La parole libère.

    Le 25 mai 2005 par Des Images
    C’est paradoxal car le fait qu’elle le dise l’annule. Ca le pose et ça l’annule. Telle que nous la voyons, c’est une femme et non une femme de ménage. Elle est coquette. Elle arrange sa robe. Elle insiste beaucoup sur son souci d’élégance, de vêtement, de maquillage. C’est une actrice qui se prépare et joue son rôle. Je souffre de toujours avoir été rien. Mon travail n’est pas vu, pas remarqué. Tout cela, le dire l’annule. Toute affirmation d’un rien par un corps transforme ce rien en quelque chose (...)

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